Le ton était martial, la menace glaçante. Amadou B., le réparateur de téléphones devenu tristement célèbre après la diffusion d’une vidéo où il promettait de « brûler » le Président Bassirou Diomaye Faye et plusieurs hauts magistrats, ne désarme pas. Face aux enquêteurs, il a réitéré ses propos avec une détermination qui a stupéfié les autorités : « Je suis prêt à mourir en prison ».
Le militant, qui se revendique proche de Pastef, n’a rien renié de sa sortie incendiaire. Selon nos confrères de Libération, le mis en cause a fait face à ses juges avec une fermeté qui ne laisse place à aucune ambiguïté. Loin de s’excuser pour ses menaces visant le chef de l’État et le procureur de la République, il a assumé sa radicalité jusqu’au bout.
La justice n’a pas traîné. Après son déferrement, Amadou B. a été inculpé pour un chapelet d’infractions lourdes qui ne lui laissent aucune chance de retrouver l’air libre de sitôt :
Offense au Président de la République
Manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique
Troubles politiques graves
Menaces de mort
Le verdict a été rapide : mandat de dépôt. Le dossier a été confié au juge du premier cabinet du tribunal de Saint-Louis, où le prévenu a déjà passé sa première nuit derrière les barreaux.
Cette affaire, qui dépasse le simple cadre d’un dérapage sur les réseaux sociaux, pose une nouvelle fois la question de la limite entre liberté d’expression et menace contre les institutions. Amadou B. a choisi sa ligne de défense : celle de l’obstination. Une posture qui, désormais, l’isole entre quatre murs dans l’attente de son procès.
La radicalisation du discours politique sur les réseaux sociaux doit-elle être sanctionnée avec la même sévérité que les menaces physiques directes contre les hautes autorités de l’État ?