Le dossier des 37 milliards de francs CFA destinés à l’électrification rurale connaît un nouveau rebondissement. Après les déclarations publiques de l’entrepreneur espagnol José Ángel González Tausz et l’ouverture d’une information judiciaire, le Mouvement Sunu 37 Milliards hausse le ton. Dans un communiqué rendu public début juillet, le collectif demande que les investigations soient élargies aux personnes susceptibles d’avoir participé à la fabrication, à l’introduction ou à l’exploitation de documents présentés comme de fausses quittances. Dans son viseur : El Hadji Talla Diop et d’éventuels complices. Une offensive qui replace les documents litigieux au centre d’une affaire où la question essentielle demeure celle du devenir des fonds publics.
L’affaire ASER est loin d’avoir livré tous ses secrets.
Alors que le dossier des quelque 37 milliards de francs CFA destinés au programme d’électrification rurale poursuit son parcours judiciaire, une nouvelle voix vient réclamer que les investigations ne s’arrêtent pas aux premières responsabilités déjà examinées.
Le Mouvement Sunu 37 Milliards entend, lui, pousser les enquêteurs à remonter la chaîne des responsabilités. Dans un communiqué publié le collectif affirme suivre avec une « attention particulière » les développements de l’affaire dite « ASERGATE » et demande un approfondissement des investigations autour de documents administratifs contestés.
Au cœur de cette nouvelle offensive : les fameuses quittances attribuées à la DGID et à l’ARCOP, que le collectif présente comme des documents « faux » ou, plus rigoureusement, comme des documents dont l’authenticité est contestée et qui auraient été qualifiés de faux par les administrations concernées.
Le mystère des quittances
Pour le Mouvement Sunu 37 Milliards, ces pièces constituent un élément déterminant dans la compréhension de l’affaire.
Selon le collectif, leur apparition dans le dossier serait intervenue à partir de l’intervention d’El Hadji Talla Diop. C’est précisément cette chronologie que les membres du mouvement veulent voir examinée par les enquêteurs.
Leur raisonnement est simple : si les documents litigieux ont effectivement joué un rôle dans le déclenchement ou l’évolution de la procédure pénale, il convient de déterminer qui les a fabriqués, qui les a introduits dans le dossier, qui les a transmis et, surtout, dans quel objectif.
Une question qui dépasse largement la responsabilité éventuelle d’un seul individu.
Le mouvement annonce sa volonté de se constituer partie civile, afin de défendre ce qu’il considère comme les intérêts des contribuables sénégalais et de contribuer à la manifestation de la vérité.
Cette démarche traduit une volonté de ne pas laisser le dossier se limiter à une bataille entre entreprises ou entre responsables.
Pour les membres du collectif, les 37 milliards sont avant tout de l’argent destiné à un programme public et, par conséquent, leur traçabilité intéresse directement la collectivité nationale.
Le premier mène aux quittances contestées.
Le second conduit aux milliards débloqués pour électrifier les villages.
Une affaire qui réclame des réponses, pas seulement des coupables
C’est peut-être là que réside la véritable difficulté du dossier ASER.
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