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AEE Power / ASER : le grand déballage — les avocats de Seydou Kane passent à l’offensive sur le mystère des 37 milliards

Le ton est grave, la riposte méthodique, et l’enjeu colossal. Face à une pression médiatique jugée « orientée » et « persistante », le collectif d’avocats de l’homme d’affaires Seydou Kane a choisi de sortir du silence. Lors d’une conférence de presse très attendue, tenue ce mardi, ses conseils ont livré une contre-lecture détaillée du dossier qui l’oppose à l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) et à la société étrangère AEE Power OPCI.

Autour du bâtonnier Me Leity Ndiaye, figuraient Me Dior Diagne, Me El Hadji Amadou Sall, Me Boubacar Koïta et Me Abdou Dialy Kane. Ensemble, ils ont tenté de renverser la dynamique narrative, dénonçant un « procès médiatique » et promettant une « relecture factuelle et juridique » du dossier.

Une ligne de défense offensive

D’entrée, le collectif a planté le décor : selon eux, leur client serait la cible d’une campagne de dénigrement soigneusement orchestrée, visant à détourner l’attention des véritables enjeux financiers. « Nous sommes ici pour rétablir des faits, pas pour alimenter des insinuations », a martelé Me Leity Ndiaye, dans une déclaration ferme.

Au cœur de leur argumentaire : la nécessité de déplacer le centre de gravité du débat. Pour les avocats, la polémique actuelle — focalisée sur des accusations de faux portant sur des montants bien inférieurs — masquerait une question autrement plus déterminante.

Le nœud financier : 37 milliards de francs CFA

C’est là que le dossier prend une tournure explosive. Selon les révélations du collectif, une avance de démarrage de 56 millions d’euros, soit environ 37 milliards de francs CFA, aurait été décaissée en mars 2024, avec la garantie souveraine de l’État sénégalais.

Une somme considérable, qualifiée par les avocats de « nerf de la guerre ». Et une interrogation martelée à plusieurs reprises : où est passée cette avance ?

« C’est la question centrale du dossier AEE Power », insiste Me Ndiaye, laissant entendre que le silence autour de ces fonds serait révélateur d’un déséquilibre dans le traitement de l’affaire.

Une éviction aux contours contestés

Selon la version défendue par le collectif, c’est précisément après ce décaissement que leur client aurait été brutalement écarté du projet par le partenaire étranger AEE Power OPCI. Une éviction que les avocats qualifient de « suspecte » et « injustifiée », suggérant qu’elle pourrait être liée à la gestion — ou à la destination — de cette avance financière.

Me Boubacar Koïta a été particulièrement incisif : « On nous parle de faux pour des montants de 900 millions, mais on reste étrangement silencieux sur des dizaines de milliards. Il y a là une stratégie évidente de diversion. »

Une bataille sur deux fronts

Au-delà des arguments juridiques, c’est une véritable guerre de communication qui semble engagée. Le collectif entend désormais occuper le terrain médiatique pour contrer ce qu’il perçoit comme une narration unilatérale.

Cette sortie marque sans doute un tournant dans l’affaire. Elle annonce surtout une intensification de la confrontation, à la fois devant les juridictions compétentes et dans l’espace public.

Une affaire loin d’être close

Si les avocats de Seydou Kane ont réussi à repositionner certains termes du débat, de nombreuses zones d’ombre persistent. La traçabilité des fonds, les responsabilités contractuelles et le rôle exact des différentes parties impliquées restent à établir avec précision.

Dans un contexte où les enjeux énergétiques et financiers se croisent avec des intérêts publics majeurs, l’affaire AEE Power / ASER s’impose désormais comme un test de transparence et de gouvernance.

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