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Israël et le Liban : Vers une paix durable ?

« Accord de la honte » : Le Liban au bord de la rupture après le pacte avec Israël

Le Liban est sous haute tension. Au lendemain de la signature d’un accord-cadre pour une « paix durable » avec Israël, sous l’égide de Washington, Naïm Qassem, chef du Hezbollah, a déclenché une salve de colère. Pour le mouvement armé, ce texte est une « grave erreur », un pacte « humiliant » et « nul et non avenu ».

Une souveraineté en question

Le ton est à la confrontation. Pour Naïm Qassem, cet accord constitue une trahison pure et simple, accusant les autorités libanaises de légitimer « la poursuite de l’occupation » israélienne, avec le risque, à terme, d’une annexion de terres libanaises. Le chef du Hezbollah exige, au contraire, l’application du protocole irano-américain signé le 17 juin dernier, visant la fin des hostilités.

Sur le terrain, la colère est palpable. Dès vendredi, des partisans du Hezbollah ont manifesté dans les rues de Beyrouth, bloquant des axes stratégiques avec des pneus enflammés. Dans la capitale, les avis sont partagés : si certains habitants qualifient l’accord d’« humiliant », d’autres restent sceptiques sur la capacité de ce texte à faire cesser réellement l’agression israélienne.

Entre espoir de paix et réalité du terrain

L’accord, fruit de cinq sessions de négociations à Washington, vise à restaurer la souveraineté libanaise sans « occupation » ni « tutelle ». Il prévoit le désarmement vérifié des groupes armés non étatiques et un transfert progressif du contrôle des zones du Sud à l’armée libanaise pour permettre le retour des civils.

Une vision saluée par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, qui y voit une étape « cruciale » vers la stabilité régionale. Pour le président Joseph Aoun, ce document est le premier pas indispensable pour libérer le Liban de la subordination.

La guerre, une réalité persistante

Pourtant, malgré l’optimisme des chancelleries, les armes ne se sont pas tues. Si les violences ont diminué depuis le protocole du 17 juin, les frappes israéliennes se poursuivent, comme en témoigne le bombardement samedi de « terroristes présumés » dans la région de Nabatiyé. Israël maintient une pression constante, affirmant que ses troupes ne se retireront pas tant que le désarmement du Hezbollah ne sera pas effectif.

Alors que le pays est plongé dans ce conflit depuis le 2 mars, entre destructions massives au Sud et manifestations de rue, le Liban semble plus que jamais divisé sur la voie à suivre : celle d’une paix sous tutelle internationale ou celle d’une résistance armée qui, selon ses détracteurs, maintient le pays dans le chaos.

L’accord-cadre parviendra-t-il à ramener la stabilité, ou l’opposition frontale du Hezbollah menace-t-elle de faire basculer le Liban dans une nouvelle phase d’instabilité interne ?

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