A l’heure de la rupture, Damel Maïssa Fall s’adresse aux sénégalais

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Mesdames et Messieurs

Mes chers compatriotes

L’année 2023 se termine. Je vous présente à chacune et à chacun d’entre vous mes vœux les plus chaleureux et les plus sincères pour la nouvelle année. Nous venons de vivre une année 2023, une année de pré-campagne électorale, très riche d’enseignements, marquée par des décisions fortes prises par le régime en place, d’une part et les membres de l’opposition, d’autre part.

L’année 2023 aura connu bien des événements :

-Manifestations politiques violentes et crimes crapuleux,

– Insultes et menaces en tout genre et même de mort,

– Débat houleux sur le troisième mandat,

– Dialogue national boycotté par une partie de l’opposition,

-Procédures judiciaires décriées par une partie de l’opinion

– Procès qualifiés de politiques par l’opposition

– Émigration clandestine massive…

Étant entendu que la liste n’est pas exhaustive et nos compatriotes les plus vulnérables sont les principales victimes des événements en question. Permettez-moi donc d’avoir une pensée profonde pour les familles éplorées, victimes à la fois de la confrontation permanente entre pouvoir et opposition, de politiques publiques défaillantes et d’une société qui ne protège pas ses enfants.

Chers compatriotes, ces événements, véritables bouleversements dans certains cas, ont conduit à plusieurs reprises l’économie nationale au bord de l’effondrement et mis le pays dans un chaos indescriptible. Venus s’ajouter aux maux structurels de notre société, ils l’ont davantage dégradée : inflation et compression du pouvoir d’achat, santé et scolarité guère prioritaires, corruption et incurie des fonctionnaires ou agents, mépris et ostracisme à l’endroit des usagers.

En ce mois de décembre, dans son rapport de 2023, l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie a annoncé ceci : le taux de chômage élargi a enregistré une baisse notable, passant de 21,7% à 18,6%. Donc, au regard des chiffres, il s’agit d’une évolution positive qui devrait inciter notre jeunesse à l’optimisme. Mais alors, pourquoi comptons-nous des milliers de jeunes sénégalais morts dans la Méditerranée ? Le fait est que nos compatriotes espéraient une vie meilleure en prenant d’assaut mers et océans dans des embarcations de fortune. Et d’autres en auraient fait autant s’ils en avaient le courage ou les moyens. L’échec est patent, aussi bien des pouvoirs publics que des parents et encadrants. La question étant de savoir pourquoi des jeunes dans la force de l’âge et indispensables au progrès de notre pays sont si déterminés à le quitter.

Sans encourager de quelque manière que ce soit nos jeunes à brader leur avenir au péril de leur vie, j’avoue comprendre le désespoir de certains : ils ont souffert et souffrent encore des difficultés, ils ont subi et subissent encore les épreuves. Un quotidien pour vous d’autant plus dur que vous avez été préalablement éprouvés par la pandémie du Covid19.

Chers compatriotes, Depuis 2021, notre pays est plongé dans une confrontation permanente, une série d’épisodes judiciaires marqués par une violence insurrectionnelle et dont le plus retentissant, à savoir l’accusation de viol portée par notre compatriote Adji Rabi Sarr contre notre compatriote Ousmane Sonko, a eu des conséquences désastreuses : morts et blessés, destruction de biens privés et d’emplois, saccage d’infrastructures publiques et menaces contre les institutions, règlements de compte et emprisonnements, incivilités et outrages, diffamation et menaces, insultes et fractures au sein des familles, arrogance et condescendance, égoïsme et irresponsabilité, naufrage intellectuel et misère morale… Un tableau des plus désespérants et quiconque aime notre bien cher pays, avec une once de lucidité, peut douter de notre capacité à faire Nation et construire un avenir commun. Oui, la responsabilité nous dicte de dire la vérité et j’assume la mienne : sans une vraie rupture, nous nous dirigeons vers une confrontation qui ne laissera nul indemne. Bien entendu, les contempteurs diront qu’il n’y a pas péril en la demeure. En effet, pour ces gens-là, rien ne doit changer, de manière à ce qu’ils jouissent autant que possible de la corruption et du recel d’abus de biens sociaux.

Dès 2015 et surtout à partir de 2017, afin de prévenir les maux précédemment déplorés, j’ai publiquement alerté et dénoncé. J’ai également conseillé et jusqu’au plus haut sommet de l’État. D’autres l’ont assurément fait. Mais les acteurs ou plutôt les combattants en présence, inqualifiables, aussi bien pour leurs propos et que leurs postures, ont néanmoins réussi à fracturer l’opinion. Pire, le citoyen, menacé et acculé, est sommé de choisir son camp et, forcément, entre le pouvoir et l’opposition radicale. Symptomatique du combat contre toute forme de liberté individuelle dans notre société, le phénomène renseigne amplement sur la volonté des plus tonitruants à nous soumettre tels sujets si d’aventure ils parvenaient au pouvoir. Un diktat intellectuel largement infusé dans les esprits par l’entremise d’une presse dont la partisanerie et l’absence de déontologie sont admises jusque dans les rédactions. Bref, pour faire partie de l’actualité telle que modélisée dans notre pays, il faudrait épouser les nouveaux termes du débat : victimisation et accusation, révélation et manipulation, diffamation et agression, outrances et offenses, intimidation et agression… La voie imposée pour accéder au pinacle médiatique. Mais une déchéance intellectuelle et morale à laquelle Sunu Naatangé Réew – La Vraie Rupture (SNR-LVR) a opposé sa cohérence et sa constance, en toute conscience et liberté : ne pas succomber à la malfaisance que nous rejetons depuis tant d’années. Alors nous avons attendu, patiemment, conscients que tôt ou tard le débat allaient reprendre ses droits. Nous en percevons quelques frémissements et nous en réjouissons, pour la juste information et l’élévation citoyenne.

Donc, chers compatriotes, mon silence médiatique n’est pas à confondre avec un recul. En effet, en plus d’avoir poursuivi mon travail de conseil, nous avons eu l’opportunité d’observer d’avantage le jeu d’acteurs et d’approfondir nos analyses. En effet, SNR ne s’est ni égaré en chemin ni emmêlé avec ses ambitions et à son image, je suis plus que jamais préoccupé par l’avenir de notre cher pays et appelle nos compatriotes à se préparer à une vraie rupture.

Chers compatriotes, oui, mes ambitions pour notre bien cher pays sont intactes, mais je refuse et refuserai toujours de légitimer de prétendus débats suintant incompétence et arrogance, populisme et amateurisme, incivilité et lâcheté. Aussi, je refuse de me conformer à un agenda politico-médiatique rythmé par deals et trahisons, en violation des valeurs fondamentales qui font les grands peuples. Notre nation dérive, bien loin du patriotisme et sur des voies contraires à l’idéal de nos aïeuls tels Ndianane Ndiaye, Diéthié Fou Ndiogou Fall ou Niokhor Ndiaye Kouly Gnilane. Et quiconque souhaite éviter le naufrage général a le devoir d’observer et d’analyser, afin de formuler des propositions à la mesure des maux de notre pays.

Chers compatriotes, Nous n’avons d’autre droit que celui d’opérer une vraie rupture afin de bâtir une nation respectueuse de notre histoire et de notre héritage, fidèle à ce que nous sommes, fidèles à nous-mêmes. Notre identité devant être partie intégrante de notre Constitution, de tous les courants de pensée et de culture, de toutes les sensibilités et croyances. Oui, chers compatriotes, je vous appelle au patriotisme et à la priorité nationale. Le destin de notre pays, c’est celui de chacun d’entre nous. Être sénégalais, c’est s’approprier l’histoire nationale et s’en inspirer, la respecter et la vulgariser.

Être sénégalais, c’est accepter le lègue de nos devanciers, avec le devoir d’en extirper toute entrave au progrès de notre société. Être sénégalais, c’est respecter notre identité qui nous différencie des autres et d’en promouvoir la quintessence. Alors, bien sûr, j’appelle à une vraie rupture, afin d’arriver à l’idéal sénégalais.

Chers compatriotes, nous le savons, nous ne pouvons pas rester tels que nous sommes. Donnons-nous les moyens de réussir notre pays. C’est le moment de nous trouver un chemin neuf et fidèle aux actes et enseignements positifs de nos ancêtres. Il s’agit d’abord de ramener l’éducation au cœur de nos priorités, en commençant par la cellule familiale, pour avoir des citoyens de pleins devoirs et droits. Que les parents assument leur responsabilité d’ascendants, les enseignants celle d’encadrants, les gouvernants celle d’hommes et femmes d’État.

Autrement, que pourrait attendre notre pays d’une jeunesse éduquée et formée dans la défaillance, inspirée et orientée par la défaillance ? Assurément, rien qui puisse mener à la prospérité dans la dignité. Le défi, aujourd’hui, c’est le vôtre, c’est le nôtre. Il s’agit de rompre, sans concession et avec détermination, jusqu’à l’éradication des maux qui gangrènent notre société. Certes la simple énonciation de la rupture en bouscule certains, mais je vous appelle à La Vraie Rupture, lorsque les ignorants seront réduits au silence par sachants et savants, lorsque la corruption et le népotisme n’auront plus droit de cité, lorsque la compétence et l’expérience l’emporteront sur toute forme d’appartenance (cultuelle, culturelle, intellectuelle…), lorsque le fonctionnaire n’aura plus d’autre droit que de faire son devoir, lorsque l’usager recouvrera l’ensemble de ses droits, lorsque tous les citoyens seront d’égale dignité devant la loi, lorsque les prédateurs et leurs receleurs seront empêchés de nuire à la nation… C’est pourquoi je vous propose de reprendre la pierre angulaire de toute société désireuse de liberté et de progrès, à savoir l’éducation.

Ensemble, sortons de la tyrannie des agendas de manipulation, des techniques de corruption. Le temps n’est plus aux raccommodages, il s’agit de reprendre notre pays à son début et même à son origine, si je puis me permettre. La Vraie Rupture impose de ne pas laisser le monopole du peuple et des idées aux corrompus, démagogues, populistes, amateurs, charlatans et autres vendeurs de rêve.

Chers compatriotes, je crois sincèrement en notre pays, mais une foi parfois rudoyée par l’ampleur et la profondeur de la corruption dans notre société. Une catastrophe pour notre bien cher pays.

Je vous appelle à La Vraie Rupture car vous êtes capables de participer à ce projet pensé et voulu pour chacun d’entre vous-nous. Je ne vous demande pas l’inatteignable, je vous exhorte – simplement – à refuser et d’assumer votre responsabilité.

La citoyenneté, c’est de refuser toute compromission avec la corruption. Il s’agit d’une responsabilité qui protège de la complicité et de la culpabilité. Chers compatriotes, la corruption et est crime contre la nation. Oui, un crime et un crime d’autant plus grave qu’il détruit l’être et par conséquent la société, d’autant plus intolérable que nombre de ceux qui en profitent grassement n’ont jamais travaillé et donc abondé les caisses de l’État. Justement, c’est avec l’argent de leurs compatriotes contribuables que ces prédateurs mènent – sans vergogne – grand train devant leurs victimes, des hommes et femmes spoliés et relégués. Du reste, au regard de l’ampleur et de la profondeur du fléau, avons-nous d’autre choix que La Vraie Rupture ?

Mes chers compatriotes, Je m’en vais conclure en vous appelant à la vigilance et à la réflexion. Février 2024, des élections présidentielles seront organisées, à vous, à moi, de prendre conscience de La Vraie Rupture que nous proposons. Tout autre choix que celui d’un véritable candidat de rupture ne serait que la perpétuation de la corruption, donc de la prédation d’une extrême minorité au détriment de la grande majorité. Faire le choix de La Vraie Rupture, il est là le chemin de l’efficacité et de la vérité.

Oui, SNR tient à répondre aux pyromanes : notre pays est notre bien ! Donc revitalisons ce sentiment d’appartenance car nous devons être des patriotes au bon sens du terme. Rassemblons-nous autour d’un même projet libérateur, unissons-nous autour de principes et de nos valeurs positives. C’est la réponse que nous devons apporter à ceux qui corrompent notre société.

La Vraie Rupture aura bien lieu et se fera avec nous car nous assumons la responsabilité de notre proposition. Notre pays, qui s’appelle encore le Sénégal, est à Nous et bien à Nous.

Vive le Sénégal !

Bonne et heureuse année 2024

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