En prenant la défense de Serigne Moustapha Sy, le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, a ravivé une vieille question dans l’espace politique sénégalais : qui peut légitimement revendiquer une part dans le combat qui a conduit à l’avènement du nouveau pouvoir ? Sa prise de position, présentée comme un devoir de mémoire et de reconnaissance, n’a pas tardé à provoquer l’ire d’une partie des militants patriotes.
Il aura suffi de quelques mots pour rallumer le feu.
Alors que les réseaux sociaux sénégalais bruissent depuis plusieurs jours de commentaires, de critiques et parfois d’attaques dirigées contre Serigne Moustapha Sy, le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang, a choisi de prendre publiquement la parole.
Dans une publication sur Facebook, le journaliste rappelle ce qu’il considère comme la contribution du guide des Moustarchidines dans les périodes difficiles de la lutte contre ce qu’il appelle « le système ».
Le propos est sans ambiguïté. Pour Pape Alé Niang, l’histoire récente ne saurait être racontée en faisant abstraction de ceux qui, hier, auraient apporté leur soutien à ceux qui affrontaient les épreuves et les injustices du pouvoir d’alors.
« Par devoir de reconnaissance, rendons à Serigne Moustapha Sy ce qui lui revient », écrit-il en substance.
Une phrase qui, dans le Sénégal politique d’aujourd’hui, prend une dimension particulière.
Une parole qui dérange
La réaction de Pape Alé Niang intervient dans un contexte déjà électrique. La récente sortie de Serigne Moustapha Sy lors du Gamou a déclenché une vague de commentaires sur les réseaux sociaux. Certains internautes et militants proches du pouvoir actuel ont vivement critiqué ses propos, donnant naissance à une controverse qui dépasse désormais la seule personne du guide religieux.
Dans ce climat, la sortie du patron de la RTS apparaît comme une prise de position assumée.
Pape Alé Niang ne se contente pas de défendre un homme religieux. Il défend surtout une lecture de l’histoire politique récente : celle d’un combat qui, selon lui, n’aurait pas été porté exclusivement par ceux qui occupent aujourd’hui les responsabilités.
Le journaliste rappelle que les périodes de turbulence permettent, selon lui, de mesurer « les convictions et les fidélités ». Il invite ainsi à ne pas avoir « la mémoire courte » et à reconnaître ceux qui auraient fait preuve de courage et de constance lorsque la situation politique était particulièrement difficile.
Serigne Moustapha Sy, une figure impossible à enfermer
La question est d’autant plus délicate que Serigne Moustapha Sy occupe une place singulière dans la vie publique sénégalaise.
Guide religieux, figure politique et responsable du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR), il possède une influence qui dépasse largement les frontières de son mouvement politique.
Son parcours ne se résume donc pas à son positionnement actuel.
C’est précisément ce que semble rappeler Pape Alé Niang : l’histoire politique ne commence pas au lendemain d’une victoire électorale.
Dans son intervention, le directeur général de la RTS présente Serigne Moustapha Sy comme un guide religieux « engagé et constant », dont la parole et la posture auraient, dans les moments les plus critiques, témoigné d’un soutien à ceux confrontés aux épreuves et aux injustices du système précédent.
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