La rencontre annoncée entre le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son prédécesseur, Macky Sall, prévue ce vendredi 17 juillet à Dakar, suscite déjà de vives réactions sur la scène politique. De plus, parmi les premières voix à s’élever figure celle du député Guy Marius Sagna. En effet, ce dernier dénonce une initiative qu’il juge en totale contradiction avec les engagements pris par le chef de l’État lors de son investiture.
Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, le parlementaire, connu pour ses prises de position tranchées, estime que cette audience constitue une remise en cause de la promesse faite aux victimes des violences politiques. Il précise aussi que ces violences ont marqué les dernières années du régime précédent.
Pour appuyer son argumentaire, Guy Marius Sagna a rappelé un extrait du discours prononcé par Bassirou Diomaye Faye le 2 avril 2024, jour de sa prestation de serment : « Il me revient le douloureux souvenir des martyrs de la démocratie sénégalaise, des amputés, des blessés et des anciens prisonniers. Je garderai toujours à l’esprit les lourds sacrifices consentis afin de ne jamais vous décevoir. »
Selon le député, la réception de l’ancien président Macky Sall est incompatible avec cette déclaration solennelle. De plus, dans un message particulièrement sévère, il affirme : « Monsieur le Président Diomaye Faye, en recevant ce vendredi 17 juillet 2026 Macky Sall qui a transformé des Sénégalais en martyrs auxquels vous faisiez allusion, en amputés, blessés et détenus politiques dont vous parliez le 2 avril 2024, vous faites plus que décevoir, vous assassinez une troisième fois leur mémoire. »
Par cette formule, Guy Marius Sagna exprime sa conviction que cette rencontre porte atteinte au devoir de mémoire envers les victimes des affrontements politiques survenus entre 2021 et 2024. D’ailleurs, cette période a été marquée par de nombreuses pertes en vies humaines, des blessés et des arrestations. Par ailleurs, ces faits continuent d’alimenter le débat national sur les responsabilités et la justice.
Le député a conclu sa sortie par une référence à la devise de l’armée sénégalaise, qu’il détourne pour interpeller le chef de l’État : « Monsieur le Président, le peuple sénégalais comme tous les autres peuples est comme l’armée du Sénégal : on nous tue, on ne nous déshonore pas. »
Cette prise de position intervient alors que la rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Macky Sall est présentée par certains observateurs comme un geste d’apaisement institutionnel. En revanche, d’autres y voient un risque de brouiller le message de rupture porté par les nouvelles autorités depuis leur accession au pouvoir.
À ce stade, la présidence de la République n’a pas officiellement réagi aux critiques formulées par le député. La tenue de cette rencontre devrait néanmoins alimenter les débats sur l’équilibre entre les impératifs de réconciliation nationale, le fonctionnement normal des institutions et les attentes d’une partie de l’opinion concernant la manifestation de la vérité et la reddition des comptes sur les événements ayant marqué la récente histoire politique du Sénégal.
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