Le dossier traité par le Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye vient de connaître un tournant décisif. Alors que l’attention publique se focalisait sur les charges de mœurs pesant sur l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste Djiby Dramé et leurs co-accusés, le parquet a opté pour une qualification juridique beaucoup plus large, entraînant l’incarcération immédiate de l’ensemble du groupe.
Le procureur de la République, Saliou Dicko, n’a laissé aucune marge de manœuvre aux mis en cause. Selon les informations rapportées par Kawtef, le chef du parquet a considérablement alourdi le dossier dans son réquisitoire introductif. Au-delà des délits initiaux ayant motivé le défèrement, le ministère public a retenu une nouvelle infraction majeure : le blanchiment de capitaux. Cette qualification financière vient s’ajouter à un dossier déjà complexe, durcissant la position de l’accusation face aux prévenus.
Le juge d’instruction du premier cabinet a suivi l’intégralité des réquisitions du parquet. En conséquence, un mandat de dépôt a été décerné contre les douze personnes citées dans cette procédure. Sont désormais placés sous les verrous : Pape Salif Rall Thiam, Ibrahima Camara, Adama Diallo, Mansour Bassirou Baldé, Mamadou Gning, Sana Ba, Bachir Ka, Bekaye Faye, Djiby Dramé, Bekaye Ndiaye, Doudou Lamine Dieng et Cheikh Ahmadou Tidiane Diallo, plus connu sous le nom de Pape Cheikh Diallo.
Pour rappel, l’enquête préliminaire visait initialement des faits d’association de malfaiteurs, d’actes contre nature avec transmission volontaire du VIH/Sida par rapports sexuels non protégés, ainsi que la mise en danger de la vie d’autrui. L’ouverture d’une information judiciaire permet désormais au magistrat instructeur d’approfondir les investigations sur l’ensemble de ces chefs d’inculpation, y compris le volet financier nouvellement introduit.