Yaoundé – Le dossier sensible des supporters sénégalais détenus au Maroc à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2025) franchit un nouveau palier. La Commission nationale des droits de l’Homme du Sénégal (CNDH) a décidé d’intensifier son implication, misant sur la diplomatie des droits humains pour obtenir des avancées concrètes.
En marge de la 15ᵉ Conférence biennale du Réseau des Institutions nationales africaines des droits de l’Homme (RINADH), tenue du 4 au 6 février à Yaoundé, la présidente de la CNDH, la professeure Amsatou Sow Sidibé, a eu un entretien en tête-à-tête avec son homologue marocaine, Mme Amina Bouayach. Une rencontre loin d’être protocolaire, consacrée entièrement à la situation jugée préoccupante des ressortissants sénégalais incarcérés à Rabat.
Selon des sources proches du dossier, les échanges ont permis
d’aborder sans détour les conditions de détention, les lenteurs judiciaires dénoncées par les mis en cause et la nécessité de garantir à ces derniers un procès équitable, conforme aux standards internationaux en matière de droits humains. Les deux responsables ont partagé des informations jugées cruciales et exploré des pistes de coopération renforcée entre leurs institutions respectives.
Au-delà du cas spécifique des détenus, cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de préserver les relations historiques et fraternelles entre Dakar et Rabat, tout en plaçant la protection des droits fondamentaux au cœur des priorités. « Notre priorité absolue est le respect rigoureux des droits fondamentaux et la protection de nos compatriotes à l’étranger », a déclaré la Pr Amsatou Sow Sidibé, réaffirmant l’engagement total de la CNDH dans ce dossier.
La Commission sénégalaise entend ainsi assurer un suivi perma
nent de la situation, en lien avec les autorités marocaines, les avocats des détenus et les familles, dont l’inquiétude ne cesse de croître à mesure que les procédures judiciaires s’éternisent. Cette démarche privilégie une approche apaisée mais ferme, fondée sur le dialogue institutionnel et la coopération régionale.
Pour rappel, la finale de la CAN 2025 disputée à Rabat avait été émaillée de tensions ayant conduit à l’arrestation de plusieurs supporters sénégalais. Depuis, l’affaire dépasse le strict cadre sportif pour devenir un enjeu de droits humains et de diplomatie sous-régionale.
À Yaoundé, la CNDH semble avoir envoyé un signal clair : le Sénégal n’entend pas rester en retrait lorsque les droits de ses ressortissants sont en jeu. Une médiation discrète, mais résolue, qui pourrait ouvrir la voie à une issue plus juste et plus humaine pour les supporters concernés.
Mariata beye pour sunugal 24