On pensait la page tournée, elle est en train de se déchirer. Alors que la capitale semblait avoir pris le pli de la nouvelle ère Abass Fall, Barthélémy Dias vient de briser le calme plat. En saisissant la Chambre administrative de la Cour suprême, l’ancien édile de Dakar relance un bras de fer dont l’issue pourrait faire trembler les fondations de l’Hôtel de Ville.
LE RETOUR DES FANTÔMES JUDICIAIRES
C’est une onde de choc qui parcourt les couloirs de la municipalité ce jeudi 8 janvier. L’affaire, que la rumeur publique avait classée au rayon des dossiers clos, ressurgit avec une vigueur inattendue. Barthélémy Dias, fidèle à sa réputation de battant politique, joue ce qui ressemble à sa « dernière carte ».
L’enjeu ? Rien de moins que la légitimité même de l’installation d’Abass Fall (Pastef). Dias conteste pied à pied la procédure de sa révocation, dénonçant un vice de forme ou de fond que seule la Cour suprême peut désormais trancher.
UNE AUDIENCE SOUS HAUTE SURVEILLANCE
Ce jeudi, les yeux de toute la classe politique sont rivés sur la Chambre administrative. Deux visions, deux camps et deux destins s’y affrontent :
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Le camp Dias : Mise sur une invalidation de la procédure pour créer un séisme institutionnel.
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Le camp Fall : Invoque la continuité du service et la légalité des actes de transition actés depuis des mois.
DAKAR EN PLEINE INCERTITUDE
Au-delà de la bataille d’avocats, c’est la stabilité de la capitale qui est sur la balance. Si la Cour suprême venait à donner raison à Barthélémy Dias, c’est tout l’édifice municipal actuel qui pourrait vaciller.
« Si le recours passe, chaque signature, chaque contrat et chaque décision prise par l’équipe d’Abass Fall pourrait être frappé de nullité. C’est une bombe à retardement. » — Analyse d’un juriste proche du dossier.
UN IMPACT POLITIQUE MAJEUR
Dans un contexte où les attentes citoyennes sont à leur paroxysme, ce regain de tension entre anciens alliés et nouveaux adversaires ravive les clivages. Entre légalisme pur et réalisme politique, la Cour suprême se retrouve aujourd’hui dans la position délicate de l’arbitre d’un match que personne ne voyait reprendre.
L’audience est en cours. Les délibérés seront scrutés avec une attention millimétrée par les états-majors politiques. Dakar retient son souffle : s’agit-il d’un simple baroud d’honneur ou du début d’un incroyable retournement de situation ?
Par Matar Baya DIOP , SUNUGAL 24