Le bras de fer politique franchit un nouveau cap à l’Assemblée nationale. Le 3 novembre dernier, l’examen du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 a été brutalement interrompu avant même l’ouverture de la discussion générale. Par un vote sans appel de 109 voix contre 20 et trois abstentions, la représentation nationale a adopté une question préalable, scellant le rejet direct du texte budgétaire.
Cette tournure des événements a suscité une vive réaction dans les rangs de l’opposition. Me Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, est montée au créneau pour dénoncer une manœuvre visant à esquiver le débat de fond. Selon des propos rapportés par Dakaractu, la parlementaire a qualifié ce rejet sans discussion de « forfaiture » et de « fuite devant le débat », accusant la majorité d’avoir dévoyé le règlement intérieur de l’institution pour museler les députés et éviter des échanges contradictoires sur la situation économique du pays.
Face à ce blocage et à ce qu’elle perçoit comme une impasse institutionnelle, la cheffe du groupe Takku Wallu Sénégal a tranché : elle appelle désormais à la dissolution pure et simple de l’Assemblée nationale et à la convocation d’élections législatives anticipées pour redonner la parole au peuple sénégalais.
Ce rejet radical en séance plénière marque un net durcissement de ton par rapport aux travaux préparatoires. Le 23 octobre dernier, lors du passage du texte en commission des finances, le groupe Takku Wallu Sénégal s’était contenté d’une abstention. La coupure de communication à l’hémicycle ce 3 novembre consacre désormais une rupture ouverte entre les blocs parlementaires.
Par MATAR BAYA DIOP
Have any thoughts?
Share your reaction or leave a quick response — we’d love to hear what you think!
