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SÉISME À LA CITÉ NAR : L’USINE À PASSEPORTS DE « BOY DIOP » DÉMANTELÉE

Le calme de la Cité Nar de Zac Mbao a été rompu jeudi dernier par une descente musclée des hommes du Commissariat local. À l’arrivée : un véritable laboratoire de faussaires, cinq interpellations et la chute d’un baron du faux déjà dans le viseur de la justice.

Le coup de filet de Zac Mbao

Tout est parti d’une « info en or ». Un renseignement digne de foi parvient aux oreilles des limiers de Zac Mbao : un faussaire notoire, bien connu des archives de la police, aurait établi ses quartiers à la Cité Nar. Pas de temps à perdre. Après une filature minutieuse et des recherches de localisation, l’assaut est donné.

Sur place, la scène dépasse la simple petite magouille. Les policiers tombent sur un véritable « laboratoire » en pleine activité. Cinq individus sont surpris en flagrant délit, entourés de documents de voyage et d’un arsenal technologique dédié à la contrefaçon.

Un inventaire à la Prévert (version crime)

La perquisition a révélé une logistique impressionnante, ne laissant aucun doute sur le professionnalisme de la bande. Les enquêteurs ont mis la main sur :

Passeports : 18 exemplaires au total (17 déjà remplis avec photos de ressortissants arabes et européens, et 1 vierge).

Matériel d’impression : 2 imprimantes (dont une spécialisée pour les photos), 5 cartouches d’encre et 2 ordinateurs portables.

Outils de validation : 7 dateuses, 7 tampons de couleurs et, comble du cynisme, un détecteur de faux documents pour vérifier la qualité de leur propre production.

Stocks : Des rames de papier A4 spécial, des colles et des talons vierges de cartes d’identité sénégalaises.

Le profil des mis en cause

Le groupe, hétéroclite, formait une sorte de « multinationale » du faux. Parmi les cinq personnes interpellées figurent deux ressortissants nigérians, Idriss Lékan et Arouna Amadou, ainsi que trois Sénégalais : Moustapha Diop, Flo Dabo et le cerveau présumé, Ibrahima Diop, alias « Boy Diop ».

Interrogés sur le vif, les suspects n’ont pu que constater l’évidence et ont reconnu la nature contrefaite des documents.

L’ombre de « Boy Diop » planait déjà sur Pikine

L’enquête a pris une dimension supérieure lorsque les antécédents d’Ibrahima Diop ont refait surface. Domicilié officiellement à Saint-Louis, l’homme utilisait son bureau au centre commercial El Malik de Dakar comme base arrière et dortoir de fortune. Une seconde perquisition y a d’ailleurs permis de découvrir des carnets de vaccination vierges et des pages de passeports avec visas Schengen.

Le saviez-vous ?
Boy Diop était activement recherché par le commissariat de Pikine. Il avait été cité comme le complice principal d’un certain Pape Cissé dans une affaire similaire de talons de passeports vierges, dossier actuellement entre les mains d’un juge d’instruction.

Vers une instruction de grande ampleur

L’association de malfaiteurs, la confection de documents falsifiés et le faux en écriture publique sont les charges qui pèsent désormais sur cette bande. Ce démantèlement marque un coup d’arrêt majeur pour cette filière qui semblait spécialisée dans l’exfiltration ou la régularisation frauduleuse de ressortissants étrangers.

Par Matar Baya diop, SUNUGAL 24

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