Après de longs mois de silence, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a fini par rompre le mutisme qui entourait plusieurs questions écrites du député Guy Marius Sagna. Une réponse tardive, mais attendue, dans un contexte où l’élu n’avait cessé d’alerter l’opinion sur ce qu’il considérait comme un refus délibéré de l’administration sanitaire de s’expliquer sur des dossiers jugés sensibles.
À l’Assemblée nationale comme sur la place publique, Guy Marius Sagna avait notamment pointé l’absence de réaction du ministère face à des affaires retentissantes, dont celle du directeur général de l’Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), cité dans une affaire présumée de « trafic de médicaments », ou encore le scandale des couches SOFTCARE. Autant de sujets qui, pour l’heure, demeurent hors du champ des réponses fournies.
Dans la correspondance transmise au député, le ministère apporte toutefois des éclaircissements sur quatre préoccupations majeures.
Les 256 agents de la Fondation Buffet
Sur la situation des 256 agents de la Fondation Buffet, les autorités sanitaires précisent que leur recrutement s’inscrivait dans le cadre d’un projet dont l’échéance initiale était fixée au 31 juillet 2025. Ce projet a bénéficié d’une prolongation exceptionnelle jusqu’au 31 décembre 2025. Le ministère assure par ailleurs que l’ensemble des arriérés de salaire a été intégralement réglé.
Les salaires des agents du PIC 4
Concernant les agents du Projet d’investissement pour le capital humain (PIC 4), confrontés à des retards de paiement, le ministère indique que la situation a été régularisée. Les salaires dus auraient été versés, mettant ainsi fin à plusieurs semaines de tensions et de récriminations.
L’affectation d’un médecin à Dabo (Kolda)
À propos de l’absence prolongée d’un médecin au centre de santé de niveau 1 de la commune de Dabo, dans la région de Kolda, le ministère évoque des contraintes liées à la disponibilité des ressources humaines. Il assure que le district sanitaire de Kolda, en collaboration avec l’administration centrale, est en phase finale du processus de recrutement et d’affectation.
Les internes et anciens internes des hôpitaux
Sur la question du recrutement des internes et anciens internes dans la fonction publique, le ministère rappelle que celui-ci n’est ni automatique ni de son ressort direct. La compétence relève du ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Transformation du service public.
S’agissant des conditions d’hébergement des internes, le ministère précise qu’un entrepreneur a été sélectionné le 11 août 2025 pour la réhabilitation du logement des internes de l’hôpital Fann. Le marché, d’un montant de 202 268 508 FCFA, est financé par la BCI et prévoyait une durée d’exécution de huit mois. Toutefois, les travaux sont actuellement à l’arrêt, faute de disponibilité de crédits, compromettant le respect de l’échéancier initial.
Un silence qui continue d’interroger
Si ces réponses apportent un début de clarification sur certains dossiers administratifs et sociaux, elles laissent intactes les interrogations soulevées par Guy Marius Sagna. Les affaires les plus sensibles, notamment celles liées au trafic présumé de médicaments et au scandale SOFTCARE, demeurent sans explication officielle.
Pour le député, ce silence persistant pose la question de la transparence et de la redevabilité de l’administration sanitaire. Un débat qui, à l’évidence, est loin d’être clos.
Mariata beye pour sunugal 24