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Le Serment de Passy : Ousmane Sonko face aux « mangeurs » de deniers publics.

 

Sous le soleil déclinant du Saloum, l’atmosphère n’était plus aux simples réjouissances folkloriques. Pour la clôture des 72 heures culturelles de Passy, le Premier ministre Ousmane Sonko a choisi de transformer la tribune des festivités en un tribunal de la conscience nationale. Ce n’était pas un vœu de nouvel an, mais un arrêt de mort signifié au système de prédation.

Le Chiffre du Désastre : 119 %

D’emblée, le chef du Gouvernement a jeté un froid polaire sur l’assistance en rappelant l’héritage de plomb : une dette publique culminant à plus de 119 % du PIB. Un chiffre qui, pour Sonko, n’est pas une simple donnée comptable, mais la cicatrice béante de décennies de gestion occulte.

« Chaque point de croissance évaporé est une école qui manque, chaque milliard détourné est un hôpital qui s’effondre », a-t-il martelé, liant indéfectiblement le marasme économique à la trahison des élites sortantes.

La Reddition des Comptes : Une Religion d’État

Le message est limpide, presque chirurgical : la traque des deniers publics n’est pas une option, c’est une mission sacrée. Pour le leader du PASTEF, le temps des « arrangements entre amis » est révolu.

  • Impunité Zéro : Aucun privilège ne servira de bouclier.

  • Recouvrement Systématique : L’État n’ira pas seulement en justice ; il ira chercher l’argent là où il se cache.

  • Transparence Radicale : Le concept de Jub-Jubal-Jubbanti devient l’unique boussole de l’administration.

Bâtir sur les Ruines : L’Acte IV et la Pierre de l’Espoir

Pourtant, la rigueur de Sonko n’est pas qu’une soif de justice ; elle est le socle d’un renouveau. En posant la première pierre du futur Lycée Moderne de Passy, le Premier ministre a voulu illustrer le « dividende de la probité ».

L’annonce du passage à l’Acte IV de la décentralisation vient parachever cette vision. Il ne s’agit plus de déléguer des pouvoirs, mais de transférer la dignité aux territoires. En épurant le sommet de sa corruption, Sonko entend irriguer la base de moyens réels, loin du clientélisme politique d’antan.


L’Analyse du Moment

À Passy, Ousmane Sonko a acté la fin de la lune de miel pour entrer dans l’ère de la chirurgie sociale. En plaçant la reddition des comptes au sommet de l’agenda 2026, il lance un avertissement sans frais : la prospérité du Sénégal ne sera pas bâtie sur de nouveaux emprunts, mais sur la fin du pillage.

Le cri de fermeté de Passy résonne désormais comme le manifeste d’une nation qui refuse de mourir de ses propres excès. Le « système » est prévenu : le procureur de la République n’est plus seul, il a désormais une volonté politique de fer pour le guider.

Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24

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