Une tempête politique s’est levée au Sénégal suite à la publication du rapport d’exécution budgétaire du deuxième trimestre 2025. Un document financier qui, pour la première fois dans l’histoire des publications de ce type, a omis de détailler les dépenses de trois institutions clés : la Présidence de la République, la Primature et l’Assemblée nationale. Cette absence de données, jugée inédite, a instantanément soulevé une vague d’indignation et de défiance au sein de l’opinion publique.
Un silence qui en dit long
Le rapport, censé offrir une vue exhaustive des dépenses de l’État, se contente de signaler une hausse globale, sans préciser quelles institutions majeures en sont les principales bénéficiaires. Ce manque de précision a ravivé les interrogations sur la transparence et la bonne gouvernance, des principes pourtant au cœur du discours du nouveau régime.
Le silence sur les dépenses des plus hautes sphères du pouvoir est perçu comme une régression par une partie de l’opinion publique, qui attendait des preuves concrètes de la rupture avec les pratiques du passé.
Des têtes sont demandées
La polémique a pris une tournure politique majeure, avec des appels à la démission du ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, ainsi que du Premier ministre, Ousmane Sonko. Pour de nombreux observateurs, cette omission est une faute grave qui entache la crédibilité du gouvernement et alimente la suspicion d’une gestion opaque des finances publiques.
Alors que le rapport d’exécution budgétaire est un outil essentiel de reddition des comptes, son exécution actuelle soulève des questions fondamentales sur l’engagement réel des autorités à instaurer une transparence totale dans la gestion des deniers publics.