Au cœur de la controverse : des propos attribués au chef du gouvernement lors d’une récente conférence à Dakar, évoquant notamment l’ancien président américain Donald Trump. Pour M. Diop, ces déclarations illustrent une « confusion des rôles institutionnels » au sommet de l’État, dans un contexte où la lisibilité de l’action publique est scrutée avec attention, tant sur le plan national qu’international.
Dans une argumentation structurée, le directeur de la Coopération décentralisée rappelle que la conduite de la diplomatie relève, selon lui, du « domaine réservé » du chef de l’État, en l’occurrence Bassirou Diomaye Faye. Il insiste sur le fait que les canaux légitimes de la politique étrangère demeurent le ministère des Affaires étrangères et le réseau diplomatique, incarné par les ambassadeurs.
« Le Premier ministre n’a aucune qualité à s’exprimer sur les questions de politique extérieure, sauf autorisation expresse du chef de l’État », tranche-t-il, mettant en garde contre les risques d’une parole non encadrée. Selon lui, de telles prises de position pourraient fragiliser la cohérence de la diplomatie sénégalaise et exposer le pays à des malentendus sur la scène internationale.
Au-delà de la critique ponctuelle, M. Diop évoque une « immixtion progressive » du chef du gouvernement dans un domaine qu’il considère comme strictement présidentiel. Une analyse qui s’inscrit dans une lecture classique des régimes semi-présidentiels, où la politique étrangère est souvent perçue comme un attribut régalien du président.
Cette sortie n’est pas isolée. Quelques jours plus tôt, le même responsable appelait déjà au « limogeage immédiat » du Premier ministre, signe d’une escalade verbale qui traduit des tensions plus profondes au sein de l’exécutif. En filigrane, c’est la question de l’équilibre institutionnel et de la coordination au sommet de l’État qui se pose.