AccueilActualités«Je n'ai jamais...» : ce que Modou Fall a dit aux enquêteurs

«Je n’ai jamais…» : ce que Modou Fall a dit aux enquêteurs

Le ton est désormais plus mesuré, les mots soigneusement pesés. Placé sous mandat de dépôt pour diffusion de fausses nouvelles, le chroniqueur de Sen TV, Modou Fall, a tenté de désamorcer la portée de ses propos devant les enquêteurs de la Brigade de recherches (BR) de Dakar. Son procès en flagrant délit est annoncé pour lundi prochain, dans un climat médiatico-politique déjà sous tension.

À l’origine de cette procédure : des déclarations controversées liées à la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, survenue à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). Sur son plateau, le chroniqueur avait évoqué l’hypothèse d’étudiants qui auraient été rétribués pour incriminer des figures de l’opposition, citant notamment Bougane Guèye Dany, Barthélemy Dias et Thierno Alassane Sall.

« Je n’ai jamais affirmé… »

Face aux gendarmes, Modou Fall a opéré un net rétropédalage. Selon le journal , qui rapporte le contenu de l’audition, il a formellement nié avoir accusé l’État ou des membres de la mouvance présidentielle d’avoir financé des étudiants pour manipuler l’opinion.

« Je n’ai jamais affirmé que l’État ou des membres de la mouvance présidentielle avaient remis de l’argent aux étudiants. J’ai simplement lancé l’alerte », aurait-il déclaré.

Une nuance de taille dans un contexte où la moindre insinuation peut embraser l’espace public. Le chroniqueur soutient ainsi qu’il ne s’agissait pas d’une accusation formelle, mais d’une mise en garde contre d’éventuelles tentatives de récupération politique du drame.

Une rumeur sans preuve

Interrogé sur l’identité des supposés financeurs, Modou Fall aurait d’abord évoqué des « personnes mal intentionnées », sans désigner quiconque. Mais confronté à la nécessité d’étayer ses propos, il a fini par reconnaître l’absence de preuves tangibles. Les déclarations incriminées reposeraient, en réalité, sur une simple rumeur.

Cet aveu fragilise sa ligne de défense et alimente les charges retenues contre lui pour diffusion de fausses nouvelles, une infraction régulièrement invoquée dans les affaires mêlant médias et politique au Sénégal.

Entre liberté d’expression et responsabilité

Au-delà du cas individuel de Modou Fall, cette affaire relance le débat sur la responsabilité des chroniqueurs dans le traitement de sujets sensibles, en particulier lorsqu’ils touchent à des drames humains et à des équilibres politiques délicats.

La mort d’Abdoulaye Ba à l’UCAD a profondément marqué l’opinion. Dans ce contexte, toute déclaration publique susceptible d’orienter l’interprétation des faits revêt une portée considérable.

Lundi prochain, le tribunal devra dire si les propos du chroniqueur relèvent de l’alerte citoyenne – comme il le soutient – ou s’ils constituent une diffusion de fausses nouvelles répréhensible. En attendant, l’affaire illustre une nouvelle fois la ligne de crête sur laquelle évoluent les voix médiatiques dans un paysage politique sous haute tension.

Mariata beye pour sunugal 24 

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