Gestion des pêcheries de petits pélagiques : L’exportation et les usines de farine de poisson constituent un frein

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L’exportation et l’approvisionnement des usines de farine de poisson constituent un frein à la bonne gestion et à la résilience des petits pélagiques côtiers. C’est ce que révèlent les résultats d’une recherche qui ont été partagés hier, mercredi 17 août lors d’un atelier organisé par le centre de recherche océanographique de Dakar Thiaroye.

L e Sénégal est un grand pays consommateur de poisson. Aujourd’hui, les petits pélagiques côtiers sont la première source de protéine animale au niveau du pays. Cependant, cette consommation est menacée par plusieurs facteurs particulièrement les exportations vers la Sous-Région et l’approvisionnement des usines de poissons. Selon les résultats d’une recherche réalisée sur les enjeux socioéconomiques des petits pélagiques côtiers, ces facteurs risquent de bloquer à long terme cette consommation de poissons.

«Les petits pélagiques côtiers sont les ressources les plus accessibles et à moindre coût aux populations. Nous voulons booster la contribution de ces ressources au produit intérieur brut. Nous avons eu à décliner tous les segments de la chaine de valeur, calculer la valeur ajoutée et identifier l’ensemble des facteurs qui freinent cette création de valeur ajoutée», indique Moustapha Dème, Chercheur économiste au centre de recherche océanographique de Dakar Thiaroye

Il s’exprimait hier, mercredi 17 août lors de l’atelier de partage des résultats de la recherche sur les enjeux socioéconomiques des petits pélagiques au Sénégal. Pour lui, il ne s’agit plus de produire davantage parce que les ressources ne le permettent pas mais, de valoriser les niveaux de captures. Par ailleurs, M. Dème relève que les aspects migratoires doivent être pris en compte aussi bien dans la gestion des pêcheries qu’au niveau de la recherche.

«Aujourd’hui, le Sénégal peut tirer près de 50 à 90 mille tonnes de petits pélagiques en Mauritanie et ces ressources sont assimilées comme si elles étaient effectuées dans la zone sénégalaise. Ce qui est loin d’être le cas. Cela donne du poids à notre potentiel. Des voies et moyens sont définis pour que tous les aspects migratoires soient mieux considérés par les administrations, la recherche et les organisations professionnelles», a-t-il fait comprendre

De son coté, Dr El Hadji Traoré, conseiller technique du Directeur général de l’ISRA pense que la gestion des petits pélagiques côtiers passe par la disponibilité d’informations fiables et accessibles pour une formulation d’avis scientifiques robustes, base d’une bonne politique de pêche. «La pêche a beaucoup de contraintes de type environnemental et développement industriel et économique qui souvent ne sont pas en phase avec un bon développement du secteur. Cela demande de la recherche et la prise de bonnes décisions pour que nos ressources soient protégées au profit des populations», souligne-t-il.

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