La décision a été rendue publique ce lundi 12 janvier, à Keur Massar, lors d’une conférence de presse animée par le Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (SIENS), membre influent du G7. Face aux journalistes, les responsables syndicaux ont adopté un ton ferme, traduisant une exaspération nourrie par des années de promesses non tenues et d’engagements jugés insuffisamment respectés par l’État.
Au cœur de la contestation : la mise en œuvre des accords signés en 2018 et en 2022, censés apporter des réponses structurelles aux revendications du secteur. Selon le G7, ces accords restent, pour l’essentiel, lettre morte. Les syndicalistes dressent un bilan sévère, évoquant des lenteurs administratives persistantes, des mesures partiellement appliquées et un dialogue social qu’ils estiment vidé de sa substance.
« Nous avons fait preuve de patience et de responsabilité », martèlent les leaders syndicaux, rappelant les efforts consentis pour préserver la stabilité de l’année scolaire précédente. Mais cette retenue aurait atteint ses limites face à ce qu’ils qualifient de manque de volonté politique. La relance de la grève se veut ainsi un signal fort adressé aux autorités, dans un contexte où les attentes des enseignants demeurent élevées, tant sur le plan statutaire que sur celui des conditions de travail.
Les conséquences potentielles de ce bras de fer inquiètent déjà parents d’élèves et acteurs du système éducatif. Une paralysie prolongée risquerait de fragiliser davantage un secteur confronté à des défis structurels majeurs : surcharge des effectifs, déficit d’infrastructures, inégalités territoriales et baisse du niveau des apprentissages.
Pour le gouvernement, l’équation s’annonce délicate. Il lui faudra concilier impératifs budgétaires, exigences de stabilité sociale et nécessité de restaurer la confiance avec des partenaires syndicaux désormais sur le pied de guerre. Faute d’une réponse rapide et crédible, la crise pourrait s’installer durablement, avec l’école comme principal champ de bataille.
À la veille du lancement des premiers mouvements d’humeur, une question demeure : le dialogue sera-t-il réactivé à temps pour éviter une nouvelle année scolaire sous haute tension, ou l’éducation nationale s’achemine-t-elle vers une paralysie aux conséquences incalculables ?
Mariata beye pour sunugal 24