Sous les dorures de la clôture de la 15ème Grande Commission mixte à Rabat, le Premier ministre Ousmane Sonko a sifflé la fin de la diplomatie des symboles. Pour le chef du gouvernement sénégalais, l’amitié entre le Sénégal et le Maroc ne doit plus seulement se raconter, elle doit se construire comme une forteresse économique et souveraine, loin des tempêtes numériques et des éclats émotionnels.
AU-DELÀ DES PASSIONS : LA DOCTRINE SONKO
Exit la diplomatie réactive. Devant un auditoire attentif, Ousmane Sonko a plaidé pour une rupture de méthode. Pour lui, l’alliance entre Dakar et Rabat doit désormais être « affranchie des aléas politiques ».
Dans un monde où les réseaux sociaux dictent parfois le tempo des relations internationales, le Premier ministre a prôné une « diplomatie du temps long ». Son message est clair : la solidité d’un axe historique ne se mesure pas à l’écume des polémiques, mais à la robustesse des institutions et à la profondeur des accords signés.
L’HÉRITAGE COMME LEVIER DE CROISSANCE
Pour Ousmane Sonko, les liens séculaires qui unissent les deux nations ne sont pas des pièces de musée, mais des actifs stratégiques. Le défi posé par cette 15ème Commission mixte est de transformer cet héritage en bien-être tangible pour les populations :
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Souveraineté : Construire une autonomie commune face aux chocs mondiaux.
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Complémentarité : Aligner les forces économiques pour créer de la valeur ajoutée locale.
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Réalisme : Prioriser les projets structurants sur les déclarations d’intention.
UN BOUCLIER CONTRE LES TURBULENCES NUMÉRIQUES
Faisant écho aux récents événements, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de placer le partenariat au-dessus des « passions émotionnelles ». Dans sa vision, le Sénégal et le Maroc doivent former un bloc cohérent, capable de résister aux pressions extérieures et aux crispations passagères.
« Nos travaux doivent sceller un avenir commun et réaffirmer que l’amitié sénégalo-marocaine est plus forte que les émotions. » — L’esprit de la clôture à Rabat.
L’OEIL DU REPORTER
En appelant à une alliance stratégique dépassionnée, Ousmane Sonko pose les jalons d’un panafricanisme pragmatique. Il ne s’agit plus de célébrer le passé, mais de verrouiller l’avenir. Ce passage de la « diplomatie de la ferveur » à la « diplomatie de la souveraineté » marque un tournant majeur dans la politique étrangère du nouveau régime sénégalais : le Maroc reste un partenaire privilégié, mais sous le signe de la performance et du résultat.
Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24