Selon des sources concordantes, la décision du parquet fait suite à des propos diffusés dans lesquels le chroniqueur imputait à des responsables politiques des manœuvres visant à faire porter à l’opposition la responsabilité du décès de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’UCAD. Modou Fall a notamment évoqué un prétendu recrutement de jeunes pour relayer un narratif accusant Bougane Guèye Dany d’avoir financé des manifestants, et a cité d’autres figures politiques telles que Thierno Alassane Sall et Barthélemy Dias. Il aurait également tenu des propos qualifiés d’outrageants à l’endroit du Premier ministre Ousmane Sonko.
Le major Tine, commandant la BR de Faidherbe, a ainsi été instruit d’ouvrir une enquête afin d’entendre le chroniqueur et de procéder aux vérifications nécessaires. À ce stade, il s’agit d’une audition dans le cadre d’une enquête préliminaire. Toutefois, des sources proches du dossier n’excluent pas un placement en garde à vue à l’issue de l’audition, si les éléments recueillis l’exigent.
Liberté de ton et responsabilité éditoriale
L’affaire relance le débat récurrent sur les limites de la liberté d’expression dans l’espace médiatique sénégalais. Les chroniqueurs politiques, souvent incisifs et engagés, occupent une place centrale dans la formation de l’opinion. Mais cette liberté de ton se heurte aux exigences de rigueur, de vérification des faits et au respect des personnes.
L’issue de l’audition de ce mercredi sera déterminante : simple rappel à la loi, poursuites formelles ou classement sans suite. En attendant, la BR de Faidherbe se retrouve au cœur d’un dossier où se croisent justice, politique et médias — un triangle toujours sensible dans une démocratie en quête d’équilibre.
Mariata beye pour sunugal 24