L’heure de vérité a sonné dans les bureaux de la CAF. Alors que l’instance dirigeante du football africain s’apprête à notifier ses sanctions après les incidents de la finale, une double partition se joue : à Rabat, Ousmane Sonko calme le jeu diplomatique, tandis qu’à Dakar, la Fédération prépare sa contre-offensive juridique. Le Sénégal est prêt à faire face.
L’ULTIMATUM DE LA CAF : LE VERDICT PAR MAIL
Le dossier brûlant de la finale de la 35e édition est désormais clos. Selon nos informations, la Confédération Africaine de Football (CAF) a vidé le contentieux ce lundi. Ce mardi, le couperet tombera via un courrier électronique adressé à la Fédération Sénégalaise de Football (FSF).
L’arsenal des sanctions redoutées est connu :
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Le portefeuille : De lourdes amendes financières.
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Le silence : Des matchs à huis clos pour les prochaines sorties des Lions.
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Le banc : Une suspension de l’architecte du succès, Pape Thiaw.
LA FSF SORT L’ARTILLERIE JURIDIQUE
Pas question de se laisser tondre sans réagir. La FSF, sous l’angle de la « rigueur et de la responsabilité », a déjà anticipé le choc. Un pool d’avocats de haut vol est en cours de constitution. L’objectif ? Apporter une réponse chirurgicale à chaque point de sanction et défendre l’image du football sénégalais. À Dakar, on prévient : si la sanction dépasse la mesure, la riposte sera totale.
- À RABAT, SONKO « JOUE BALLE À TERRE »
Pendant que le front sportif gronde, le front politique, lui, choisit la hauteur. En marge de la Grande Commission Mixte, le Premier ministre Ousmane Sonko a endossé son costume de diplomate en chef pour éviter que le sport n’empoisonne la raison d’État.
D’une voix sereine, il a recadré l’incident :
« Les dérapages observés ne doivent être ni niés ni dramatisés. Ce sont des excès émotionnels nés de la ferveur, pas des fractures politiques ou culturelles. »
Pour Sonko, le sport est un test pour les liens entre les peuples, pas un motif de divorce. Son message est clair : l’amitié millénaire entre le Sénégal et le Maroc est un roc que les émotions d’un soir de finale ne sauraient fissurer.
L’OEIL DU REPORTER
C’est une manœuvre de haute voltige. En séparant le contentieux technique (géré par les avocats de la FSF) du lien fraternel (géré à Rabat), le Sénégal évite le piège de l’isolement diplomatique tout en montrant ses muscles à la CAF. Le message de Sonko est une leçon de Realpolitik : sceller un avenir commun est autrement plus important que de s’écharper sur un carton rouge ou un envahissement de terrain.
Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24