C’est une interpellation qui fait grand bruit dans les rédactions dakaroises et au-delà. Le journaliste Pape Birame Bigué Ndiaye, reporter à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise, a été arrêté mardi par des éléments en civil de la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar. Son interpellation est intervenue alors qu’il couvrait la conférence de presse du procureur de Dakar, Ibrahima Ndoye, relative à l’enquête sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba.
Selon les informations rendues publiques, l’arrestation du journaliste s’inscrit dans le cadre d’une procédure baptisée « affaire Pape Cheikh Diallo et Cie ». Une appellation qui désigne un dossier tentaculaire mêlant plusieurs suspects et des infractions d’une gravité exceptionnelle.
Le coup de théâtre serait survenu à la suite de l’exploitation du téléphone de Ibrahima Magib Seck, arrêté quelques jours plus tôt avec trois autres individus. Les enquêteurs auraient mis au jour des échanges privés entre ce dernier et le journaliste. Le journal évoque des messages à caractère intime, décrits comme des « messages d’amour », qui auraient retenu l’attention des autorités.
Des chefs d’inculpation lourds
Au-delà de la nature des échanges révélés, ce sont surtout les qualifications pénales retenues qui suscitent l’émoi. D’après les éléments publiés, Pape Birame Bigué Ndiaye est poursuivi pour association de malfaiteurs, transmission volontaire du VIH, mise en danger de la vie d’autrui, blanchiment de capitaux et complicité de cession de drogue.
Placée en garde à vue, la figure médiatique a également vu son domicile perquisitionné en sa présence. Une procédure qui laisse entrevoir une instruction approfondie et potentiellement de longue haleine.
Entre sphère privée et intérêt public
La révélation d’échanges intimes dans le cadre d’une enquête judiciaire soulève des questions sensibles, notamment sur la frontière entre vie privée et investigations pénales. Dans un pays où les sujets liés à l’orientation sexuelle demeurent hautement sensibles sur le plan social et juridique, la médiatisation de ces éléments ajoute une dimension supplémentaire à l’affaire.
À ce stade, aucune déclaration publique de la défense n’a encore été rendue publique. Comme le veut le principe fondamental de la présomption d’innocence, le journaliste reste considéré innocent tant qu’aucune décision judiciaire définitive n’a été prononcée.
L’évolution de cette affaire, qui mêle figures médiatiques, accusations graves et éléments intimes, pourrait marquer durablement le paysage médiatique sénégalais. Les prochains jours s’annoncent décisifs, tant sur le plan judiciaire que dans le débat public
Mariata beye pour sunugal 24