AccueilActualitésAlioune Tine : « Sonko n’aurait jamais dû accepter la Primature »

Alioune Tine : « Sonko n’aurait jamais dû accepter la Primature »

La sortie est nette, sans détour, et à la hauteur de la réputation de son auteur. Fondateur d’Africa Jom Center et figure respectée de la société civile sénégalaise, Alioune Tine a livré une analyse sévère de la trajectoire politique actuelle du Premier ministre Ousmane Sonko, qu’il estime engagée dans une impasse stratégique.

Interrogé sur Source A TV, le défenseur des droits humains considère que le leader de PASTEF a commis une « erreur stratégique majeure » en acceptant le poste de Premier ministre. Pour Alioune Tine, la stature politique et le leadership charismatique de Sonko l’orientaient naturellement vers un autre centre de gravité du pouvoir : l’Assemblée nationale. « Sonko n’aurait jamais dû… », laisse-t-il entendre, regrettant un choix institutionnel qu’il juge en décalage avec le rôle historique et politique du chef de file de PASTEF.

Dans l’analyse de M. Tine, la Primature, par essence, impose une posture de gestionnaire et de compromis, parfois en tension avec le discours de rupture et de transformation radicale porté par Ousmane Sonko durant les années d’opposition. À l’Assemblée nationale, soutient-il, le leader politique aurait disposé d’un espace plus conforme à son profil : impulser le débat, contrôler l’action gouvernementale et incarner, sans ambiguïté, le moteur idéologique du pouvoir.

Au-delà de la question des hommes et des postes, Alioune Tine pointe également des incohérences dans l’action gouvernementale, notamment sur le plan économique. Il s’interroge sur la virulence du discours critique à l’endroit du Fonds monétaire international (FMI), alors même que l’État sénégalais continue de recourir à l’endettement sur le marché régional, souvent à des taux plus élevés. Une contradiction qui, selon lui, fragilise la lisibilité de l’action publique et nourrit le doute au sein de l’opinion.

Ces dissonances ne seraient pas sans conséquences politiques. Pour Alioune Tine, elles ont contribué à élargir les divergences internes, initialement perçues comme un simple ajustement entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre. Désormais, affirme-t-il, ces tensions se manifestent au cœur même de l’appareil gouvernemental et gagnent jusqu’à l’Assemblée nationale, révélant un malaise plus profond dans la conduite du pouvoir.

En filigrane, l’ancien secrétaire général d’Amnesty International Sénégal alerte sur les risques d’un déséquilibre institutionnel et politique à un moment clé du quinquennat. Son diagnostic, lucide et sans concession, s’inscrit dans une tradition de veille citoyenne qui fait d’Alioune Tine l’une des voix critiques les plus écoutées du débat public sénégalais. Un avertissement de plus, lancé à un pouvoir encore en phase de construction, mais déjà confronté aux exigences de cohérence et de clarté politique.

Mariata beye pour sunugal 24

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