Ousmane Sonko veut davantage de transparence dans la gestion des fonds spéciaux de la Présidence de la République et de la Primature. De plus, le président de l’Assemblée nationale estime que le Parlement doit pleinement exercer sa mission de contrôle. Ainsi, cela garantirait une meilleure traçabilité dans l’utilisation de ces ressources publiques.
Revenant sur la situation financière à l’arrivée du nouveau pouvoir, Ousmane Sonko affirme que la Présidence disposait d’un solde de plus de 7 milliards de francs CFA, avant que son prédécesseur ne quitte ses fonctions.
« La Présidence avait au fond 7 milliards et plus. Quand le président est arrivé, son prédécesseur avait tout vidé », affirme-t-il.
Selon le président de l’Assemblée nationale, une situation similaire aurait été constatée au niveau de la Primature. Il estime que ces éléments justifient un contrôle parlementaire plus rigoureux des fonds spéciaux. Ousmane Sonko précise toutefois qu’il ne réclame pas la suppression de ce dispositif, mais davantage de clarté dans sa gestion. « Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », insiste-t-il.
Plus de 3 milliards retirés entre mars et avril
Dans son intervention, le leader de PASTEF évoque également des mouvements financiers qui auraient concerné les fonds de la Primature. Il affirme que plus de 3 milliards de francs CFA auraient été retirés entre mars et avril. « Entre mars et avril, ils ont pompé plus de 3 milliards sur le compte des fonds de la Primature », affirme Ousmane Sonko, estimant que cette opération nécessite des explications.
Le président de l’Assemblée nationale dit avoir cherché à comprendre les circonstances de ces mouvements. Selon son récit, l’ancien responsable concerné l’aurait orienté vers l’actuel ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba.
« On a demandé à l’ancien DG, qui nous a dit de poser la question à l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba. Je l’ai appelé, mais depuis, il ne m’a pas donné les explications », rapporte-t-il. Cette déclaration place ainsi le ministre des Finances et du Budget au centre des interrogations soulevées par Ousmane Sonko concernant ces mouvements financiers.
Des montants qui varient fortement selon les années
Le président de l’Assemblée nationale a également livré une série de chiffres relatifs aux fonds de la Primature depuis 2012. Selon les données qu’il a avancées, les montants s’établissent à 2,960 milliards de francs CFA en 2012, 1,930 milliard en 2013 et 540 millions en 2014. Ils remontent ensuite à 2,028 milliards en 2015 et 2,772 milliards en 2016.
Ousmane Sonko cite également 2,502 milliards en 2017, 2,190 milliards en 2018 et 2,060 milliards en 2019. L’année 2020 se distingue avec un montant de 5,745 milliards de francs CFA.
Les chiffres avancés pour les années suivantes sont de 1,450 milliard en 2021, 1,225 milliard en 2022 et 1,122 milliard en 2023. Pour 2024, il évoque 1,150 milliard de francs CFA, précisant qu’il s’agit de la période qui le concerne directement. Pour 2026, le montant cité s’élève à 1,870 milliard de francs CFA.
« L’Assemblée doit jouer son rôle »
Pour Ousmane Sonko, la question ne se limite pas aux mouvements de plus de 3 milliards de francs CFA évoqués entre mars et avril. Elle renvoie plus largement au rôle que doit jouer le Parlement dans le contrôle des ressources publiques.
Le président de l’Assemblée nationale annonce d’ailleurs qu’une nouvelle proposition concernant ces fonds pourrait être examinée prochainement par le bureau de l’institution.
« Une deuxième proposition, certainement d’ici les cinq prochaines réunions, le bureau de l’Assemblée nationale va l’examiner », indique-t-il.
Ousmane Sonko insiste ainsi sur la nécessité de maintenir les fonds spéciaux tout en renforçant les mécanismes de contrôle et de transparence. « Présidence a un effort, Primature a un effort », explique-t-il.
Pour le président de l’Assemblée nationale, le contrôle parlementaire doit permettre de mieux comprendre l’utilisation de ces ressources et d’obtenir des explications sur les mouvements financiers importants, sans pour autant remettre en cause l’existence même des fonds spéciaux.
« Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », répète Ousmane Sonko, tout en réclamant des explications sur les plus de 3 milliards de francs CFA qui auraient été retirés entre mars et avril du compte des fonds de la Primature.
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