Entre ferveur populaire, remobilisation des militants et bataille de communication, la tournée d’Ousmane Sonko s’impose comme l’un des faits politiques marquants du moment
Il y a des tournées politiques qui ressemblent à de simples déplacements de terrain. Et puis il y a celles qui, par l’ampleur de la mobilisation qu’elles suscitent, finissent par devenir un message politique à part entière.
La tournée d’Ousmane Sonko dans plusieurs localités du pays, notamment à Touba, dans le Djolof et à
Louga, appartient manifestement à cette seconde catégorie.
Partout où il est passé, le leader de Pastef a retrouvé des militants mobilisés, des sympathisants venus à sa rencontre et une forte présence populaire. Au-delà des images de foule et des accueils enthousiastes, cette tournée aura surtout permis à Sonko de reprendre contact avec une base politique qui constitue depuis toujours l’un des principaux ressorts de sa force.
Et dans un Sénégal où la bataille politique se joue autant dans la rue et sur le terrain que dans les institutions et les réseaux sociaux, chaque rassemblement devient un indicateur scruté avec attention.
Touba, Djolof, Louga : une séquence politique sous surveillance
De Touba au Djolof, en passant par Louga et d’autres étapes de la tournée, les images de mobilisation ont rapidement occupé l’espace médiatique et numérique.
Le phénomène ne se limite d’ailleurs pas à la présence physique des militants. Les vidéos, photographies et extraits des différentes étapes ont largement circulé sur les plateformes numériques, donnant à la tournée une dimension nationale.
Pour les partisans de Sonko, cette mobilisation constitue une démonstration : celle d’un leader qui conserve une capacité de mobilisation importante malgré les turbulences politiques et institutionnelles de ces derniers mois.
Pour ses adversaires, en revanche, ces images constituent nécessairement un signal qu’il convient d’observer.
C’est précisément sur ce terrain que le député Amadou Ba, membre de Pastef, intervient.
Amadou Ba appelle les patriotes à garder leur sang-froid
Face aux différentes réactions suscitées par la tournée, Amadou Ba adresse un message clair aux militants .
Selon le député, la mobilisation enregistrée lors des différentes étapes aurait provoqué une forte inquiétude dans les rangs adverses. Mais loin d’appeler les militants à répondre aux critiques ou aux provocations, il leur demande au contraire de garder le cap.
Son message tient en une consigne : ne pas se laisser distraire.
Pour Amadou Ba, l’enjeu est désormais d’éviter que les débats suscités par la tournée ne détournent les militants de leurs objectifs politiques.
Une stratégie qui traduit une nouvelle réalité de la communication politique : dans un environnement où la moindre déclaration peut devenir virale en quelques minutes, répondre systématiquement à ses adversaires peut parfois contribuer à leur donner davantage de visibilité.
Le député préfère donc la retenue.
« Non vu, non lu, non commenté, non partagé »
Pour matérialiser cette ligne de conduite, Amadou Ba lance auprès des militants une opération au slogan particulièrement évocateur :
« Non vu, non lu, non commenté, non partagé. »
La formule se veut simple, mais son message est politique.
Elle invite les militants à ne pas amplifier les déclarations, publications ou attaques provenant du camp adverse. Autrement dit : ne pas regarder, ne pas lire, ne pas commenter et surtout ne pas partager.
Une stratégie de silence numérique qui vise à couper court au mécanisme classique des réseaux sociaux : une polémique naît, les militants répondent, les adversaires répliquent, puis chacun partage les contenus de l’autre camp
Dans la nouvelle bataille politique sénégalaise, le silence pourrait bien devenir une arme.
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