La controverse entourant les finances publiques sénégalaises, nourrie par les récentes déclarations de l’ancien Président de la Cour des comptes, Mamadou Faye, et les précisions du Premier ministre Ousmane Sonko sur France 24, ne faiblit pas. Amadou Moustapha Ndjeck Sarré, vice-président de Pastef, a réagi avec fermeté pour recadrer le débat et fustiger, selon lui, une interprétation biaisée de la situation par une partie de la presse.
« La dette cachée » : Un enjeu de transparence financière
Dans sa tribune, M. Sarré s’attache d’abord à définir techniquement la notion de « dette cachée ». Il rappelle que le budget de l’État est un acte législatif qui autorise le gouvernement à s’endetter dans des limites précises. « Tout endettement contracté en dehors de la loi de finances devient une dette cachée », souligne-t-il, rappelant que l’audit actuel révèle un taux d’endettement à hauteur de 100 % du PIB, contre les 74 % avancés par l’administration précédente.
Pour le vice-président de Pastef, l’écart de 26 points constitue la preuve d’une dissimulation. Il s’interroge sur la responsabilité des partenaires financiers, tels que le FMI et les agences de notation, qu’il accuse de complaisance, voire de « conspiration financière », visant à entraver la souveraineté économique du Sénégal.
Mise au point sur les sorties de Mamadou Faye et d’Ousmane Sonko
Le responsable politique balaie l’argument selon lequel l’absence du terme « dette cachée » dans le rapport de la Cour des comptes infirmerait la thèse du gouvernement. Selon lui, Mamadou Faye, en se limitant à une mission comptable, n’avait pas pour mandat de qualifier la « qualité » de la dette, mais seulement de chiffrer le niveau global d’endettement. « Dire qu’on ne trouvera nulle part le terme dette cachée dans le rapport équivaut à enfoncer des portes ouvertes », ironise-t-il.
Concernant les propos d’Ousmane Sonko sur France 24, M. Sarré rejette catégoriquement les accusations de « rétropédalage ». Il explique que le Premier ministre soulignait simplement son absence de leviers juridiques pour obtenir l’annulation immédiate de ce qu’il qualifie de « dette odieuse », partie intégrante de la dette cachée.
Une critique acerbe de la posture médiatique
Au-delà de la technique financière, Amadou Moustapha Ndjeck Sarré dénonce ce qu’il perçoit comme une volonté de certains médias de « ternir l’image » du Premier ministre. Il dresse un parallèle avec les précédentes affaires ayant visé Ousmane Sonko (financements obscurs, accusations de viol, liens présumés avec des mouvements irrédentistes).
Selon le vice-président de Pastef, ces tentatives de déstabilisation n’ont eu, jusqu’à présent, que l’effet inverse : renforcer la popularité de l’homme politique. Il appelle les rédactions concernées à un changement de paradigme, arguant que leur ligne éditoriale est désormais en déphasage avec la conscience politique des Sénégalais.
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