Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, a exprimé une de ses positions les plus catégoriques depuis son départ de la Primature, lorsqu’on lui a posé des questions sur le renforcement récent des sanctions liées à l’homosexualité au Sénégal. En réponse aux réprobations de diverses organisations de défense des droits de l’homme, de membres des Nations Unies et de certaines entités occidentales, le dirigeant de PASTEF a vigoureusement soutenu la politique mise en place par le Sénégal. Dans cette interview donnée à France 24, le journaliste a abordé le sujet des nombreuses interpellations survenues récemment et a commenté les réprobations internationales qui fustigent une supposée « traque d’homosexuels ». Sonko a fermement dénié cette accusation.
D’après son point de vue, il est incorrect de dépeindre la loi sénégalaise comme une innovation instaurée par les récentes autorités. Il souligne que l’interdiction des relations homosexuelles est inscrite dans le Code pénal sénégalais depuis plusieurs années, bien à l’avance de l’accession au pouvoir de PASTEF. « Cette législation remonte à l’époque du président Léopold Sédar Senghor », a-t-il noté, en soulignant que les interpellations pour ce délit étaient déjà en vigueur sous les régimes précédents.
Le chef de l’Assemblée nationale pense aussi que certains organes de presse occidentaux offrent une interprétation partielle des événements récents. Il déclare que plusieurs affaires ayant mené à des arrestations n’étaient pas uniquement liées à l’homosexualité, mais également à des accusations de transmission intentionnelle du VIH.
Selon Sonko, ce point est délibérément sous-estimé dans les critiques adressées au Sénégal. Au-delà des enjeux judiciaires, le chef de PASTEF a repositionné le débat sur le domaine de la souveraineté nationale. À son avis, le Sénégal a la liberté de déterminer ses propres standards sociaux, culturels et législatifs sans être soumis à des pressions de l’extérieur.
« Le Sénégal jouit d’une souveraineté nationale. » « Il n’a pas besoin de justifier les lois qu’il impose devant l’Occident ou qui que ce soit », a-t-il affirmé.
Dans son plaidoyer, Sonko a aussi mis en évidence ce qu’il perçoit comme une inégalité de traitement dans les relations internationales. Il a spécifiquement mentionné quelques lois françaises critiquées par des organismes onusiens, en affirmant que le Sénégal ne s’est jamais ingéré dans ces discussions internes. Selon lui, le respect mutuel entre les nations requiert que chaque pays puisse établir des lois en accord avec ses valeurs, sa culture et les croyances prédominantes de sa population.
Lorsqu’on lui a demandé s’il y pourrait y avoir une modification de la loi, sa réponse ne laissait aucun doute. Il ne se limite pas à l’actuel cadre, il n’élude pas non plus une possible intensification du dispositif juridique si les conditions le réclament.
« Nous ne reviendrons en aucun cas là-dessus », a-t-il déclaré.
Cette affirmation réaffirme l’engagement des leaders de PASTEF à maintenir une position conservatrice sur cette question sociale particulièrement délicate au Sénégal. Elle pourrait aussi nourrir les discussions avec diverses entités internationales qui persistent à demander la dépénalisation de l’homosexualité dans le pays. Au-delà de la controverse, cette déclaration de Sonko semble avant tout être un message destiné à l’opinion publique nationale. En situation politique caractérisée par des conflits internes au plus haut niveau de l’État, le président de l’Assemblée nationale confirme son engagement envers les principes culturels et religieux qu’il considère comme la base de la société sénégalaise.
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