La riposte est à la hauteur de l’attaque. Mis en cause dans une Une particulièrement virulente du journal Yoor-Yoor Bi daté du 8 avril 2026, Abdoulaye Tine, président du Conseil d’administration de la SOGEPA SN, est sorti de sa réserve pour dénoncer ce qu’il qualifie de « machination » et annoncer une offensive judiciaire immédiate.
Une Une polémique, des accusations rejetées en bloc
Le quotidien prête à Me Tine des « exigences matérielles » jugées extravagantes, évoquant notamment l’acquisition d’un véhicule de type Land Cruiser estimé à 87 millions de francs CFA, ainsi qu’un loyer mensuel de 2,6 millions. Des allégations que l’intéressé balaie sans détour, dénonçant des « récits partials et inexacts » et affirmant que « ces allégations sont fausses ».
Dans un droit de réponse ferme, l’avocat récuse toute idée d’abus ou de privilèges indus, y voyant plutôt une tentative délibérée de ternir son image.
Pour étayer sa défense, Abdoulaye Tine retrace les conditions de sa prise de fonction. Nommé le 23 octobre 2024 et installé le 15 novembre suivant, il affirme avoir hérité d’une situation logistique pour le moins précaire.
Selon lui, son prédécesseur avait déjà quitté ses fonctions en conservant le véhicule de service et en bénéficiant d’une prolongation d’occupation de l’appartement de fonction jusqu’en juin 2025. Des dispositions qu’il dit ne pas avoir validées.
« Agir sans peser sur les deniers publics »
Face à ce vide, le PCA de la SOGEPA soutient avoir simplement demandé des moyens équivalents pour assurer ses responsabilités. Une requête qui, selon ses dires, s’est heurtée à un refus de la direction générale.
C’est dans ce contexte qu’il affirme avoir pris une décision personnelle : « J’ai agi seul, à mes frais, en achetant personnellement mon véhicule », insiste-t-il, prenant soin de préciser qu’il disposait pourtant des prérogatives nécessaires pour faire supporter cette dépense à la structure.
En rappelant que le Conseil d’administration délibère sur les budgets, tandis que le directeur général en assure l’exécution, Me Tine soutient avoir volontairement renoncé à user de ce levier, afin de préserver les ressources publiques.
Une « attaque commandée » ?
Au-delà des faits, c’est l’intention qui est ici vivement contestée. Abdoulaye Tine évoque un « article commandé », estimant que la publication vise exclusivement à « nuire à sa réputation et à son honorabilité ».
Dans un climat médiatique et politique souvent électrique, cette accusation grave soulève en filigrane la question des rapports entre presse, pouvoir et personnalités publiques.
Cap sur le terrain judiciaire
La réponse de l’avocat ne se limite pas à la communication. Elle se prolonge désormais devant les tribunaux. Me Tine annonce le dépôt immédiat d’une plainte contre le journal Yoor-Yoor Bi ainsi que « toute personne impliquée dans cette machination ».
Les chefs retenus sont lourds : diffamation par voie de presse et association de malfaiteurs. Une démarche qui ouvre un nouveau chapitre dans cette affaire, désormais appelée à se jouer sur le terrain judiciaire.
Dans l’attente d’éventuelles suites, cette confrontation met en lumière les tensions croissantes autour de la réputation, de la transparence et de la gouvernance des entreprises publiques, au moment où l’exigence de redevabilité n’a jamais été aussi forte dans l’opinion.
Mariata beye pour sunugal 24