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Renégociation des contrats pétroliers : la charge de Cheikh Oumar Diagne contre les annonces du Premier ministre

Dans un contexte marqué par de fortes attentes autour de la gouvernance des ressources naturelles, la question des contrats pétroliers et gaziers revient au cœur du débat public sénégalais. Et les récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko, promettant une reprise imminente de certains blocs « sans débourser un seul franc », continuent de susciter de vives réactions.

Parmi les voix les plus critiques figure Cheikh Oumar Diagne, ancien chef des moyens généraux de la présidence, récemment écarté de ses fonctions. Lors d’une intervention sur la chaîne YouTube Fafa TV, ce dernier n’a pas mâché ses mots, qualifiant les propos du chef du gouvernement de « balivernes ».

Pour Cheikh Oumar Diagne, l’idée même de récupérer un actif pétrolier ou gazier sans compensation financière relève d’une méconnaissance des mécanismes contractuels du secteur extractif. « Il n’y a aucun contrat qu’on récupère sans payer de l’argent. Dire le contraire, c’est essayer de tromper les ignorants », affirme-t-il, dénonçant une communication qu’il juge davantage politique que technique.

Cette sortie intervient alors que Ousmane Sonko avait annoncé, quelques jours plus tôt, la volonté de l’État de reprendre le contrôle de plusieurs actifs stratégiques, dont le bloc gazier Yakaar-Teranga, présenté comme un levier majeur pour la souveraineté énergétique du Sénégal.

Le cas Yakaar-Teranga au cœur de la controverse

Sur ce dossier précis, Cheikh Oumar Diagne apporte une lecture radicalement différente. Selon lui, il ne s’agit nullement d’une « récupération » orchestrée par l’État, mais plutôt d’un retrait volontaire de l’opérateur. « Ils se sont retirés. Ils ont écrit à l’État pour signifier leur incapacité à développer le bloc, faute de confiance dans la manière de travailler du Sénégal », soutient-il.

Une version qui, si elle était confirmée, viendrait nuancer fortement la portée des annonces gouvernementales et poser la question de l’attractivité du cadre d’investissement sénégalais dans le secteur des hydrocarbures.

Au-delà du cas spécifique de Yakaar-Teranga, Cheikh Oumar Diagne s’attaque à ce qu’il considère comme une stratégie de communication approximative autour des contrats pétroliers. Il estime que certains accords évoqués par les autorités n’ont pas été « récupérés » au sens strict, mais sont tout simplement arrivés à échéance.

« C’est normal qu’un contrat arrivé à terme soit réattribué. Cela ne relève pas d’un exploit », insiste-t-il, appelant à plus de rigueur et de transparence dans la présentation des décisions publiques.

Entre souveraineté et crédibilité

Cette passe d’armes illustre les tensions qui entourent la renégociation des contrats extractifs au Sénégal, un enjeu à la fois économique, politique et symbolique. Si le discours de Ousmane Sonko s’inscrit dans une volonté affichée de rupture et de reconquête de la souveraineté nationale, les critiques de Cheikh Oumar Diagne rappellent les contraintes juridiques et financières d’un secteur hautement structuré.

À mesure que le Sénégal s’apprête à entrer dans une nouvelle ère énergétique, la crédibilité des annonces et la maîtrise des équilibres contractuels seront déterminantes pour concilier ambition politique et confiance des investisseurs.

Mariata beye pour sunugal 24

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