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RTS : la fronde sociale s’intensifie, les travailleurs réclament le départ de Pape Alé Niang et un audit urgent

Le climat social est désormais explosif à la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS). Ce mercredi 28 janvier 2026, la tension a atteint un seuil critique avec une mobilisation d’ampleur des travailleurs, à

l’appel des syndicats SYNPICS et SYNPAP. Assemblée générale houleuse, suivie d’une manifestation devant les locaux de l’entreprise publique : les agents ont exprimé, sans détour, leur ras-le-bol face à une gouvernance qu’ils jugent autoritaire, opaque et déconnectée des réalités sociales.

Sifflets, banderoles et slogans ont rythmé cette journée de colère, dirigée frontalement contre le Directeur général, Pape Alé Niang, dont la gestion est désormais ouvertement contestée.

Accès interdit aux médias : un signal de rupture

Fait aggravant, la direction de la RTS a interdit l’accès des locaux aux médias privés venus couvrir la mobilisation. Une décision exécutée par les forces de sécurité, qui ont bloqué l’entrée aux journalistes. Pour les syndicats, il s’agit d’un acte grave, symptomatique d’une dérive inquiétante.

Le coordonnateur du SYNPAP, Mama Moussa Niang, dénonce une « atteinte flagrante à la liberté d’expression et au droit à l’information », estimant que cette interdiction traduit la volonté de museler toute voix critique et d’isoler davantage les travailleurs.

L’accord d’entreprise au cœur du conflit

Au centre du contentieux figure la suspension unilatérale de l’accord d’entreprise signé il y a deux ans, un protocole social qui concernait près de 800 agents. Depuis l’arrivée de Pape Alé Niang à la tête de la RTS, cet accord est gelé, plongeant de nombreuses familles dans une précarité soudaine.

« Cet accord nous permettait d’honorer nos engagements bancaires. Aujourd’hui, les prélèvements continuent alors que nos revenus ont chuté. Nous ne vivons plus, nous survivons », témoigne Mama Moussa Niang, visiblement ému.

Le secrétaire général du SYNPICS-RTS, Youssouf Kaba, parle quant à lui d’une véritable « question de survie », affirmant que plus de 300 agents seraient aujourd’hui au bord de l’asphyxie financière.

Népotisme présumé et soupçons de gestion opaque

La contestation a pris une dimension plus grave avec des accusations de népotisme et de gestion trouble. Les travailleurs pointent du doigt l’attribution du marché des « fan zones » de la CAN 2025, qu’ils affirment avoir été octroyé à Thierno Niang, présenté comme le frère du Directeur général.

Plus troublant encore, des mouvements de fonds suspects au profit de ce dernier sont évoqués, alors qu’il ne figurerait pas dans les effectifs de la RTS. Face à ces soupçons, l’intersyndicale réclame un audit indépendant et exhaustif de la gestion financière et administrative de l’entreprise.

Inégalités internes et malaise structurel

Sur le plan des infrastructures, le malaise est tout aussi palpable. Les agents dénoncent une gestion jugée inéquitable des ressources matérielles. « Le Directeur général dispose de deux bureaux luxueux à RTS 1 et RTS 2, pendant que certains directeurs de service n’ont même pas de bureaux fixes », s’indigne un travailleur.

Pour les manifestants, ces disparités alimentent un sentiment d’injustice et renforcent l’idée d’une direction coupée de son personnel.

Vers un bras de fer avec l’État

Estimant que toutes les tentatives de dialogue ont échoué, les syndicats ont décidé de porter le combat au plus haut niveau de l’État. Leur revendication est sans ambiguïté : le départ immédiat de Pape Alé Niang de la direction de la RTS.

« Nous refusons de travailler sous la dictature d’un directeur qui méprise ses agents », préviennent-ils, annonçant une possible radicalisation du mouvement si leurs doléances ne sont pas prises en compte dans les plus brefs délais.

À la RTS, le malaise n’est plus latent. Il est désormais public, structuré et profondément politique. Reste à savoir si les autorités saisiront la gravité de la situation avant que la crise ne paralyse durablement l’audiovisuel public sénégalais.

Mariata beye pour sunugal 24

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