AccueilActualités« Choquant » : Pape Alé Niang critique la CAF suite aux...

« Choquant » : Pape Alé Niang critique la CAF suite aux sanctions infligées au Sénégal

Au moment où Ousmane Sonko multiplie les signaux d’ouverture à l’endroit des investisseurs marocains, l’actualité sportive vient rappeler combien les relations entre États africains restent sensibles, parfois inflammables, surtout lorsque le football s’invite dans l’équation politique et économique.

La Confédération africaine de football (CAF) a récemment frappé fort à l’encontre du Sénégal, à la suite des incidents ayant émaillé la finale de la CAN 2025 disputée face au Maroc. Les sanctions sont lourdes : cinq matchs de suspension et une amende de 55 millions de FCFA pour le sélectionneur Pape Thiaw, deux matchs de suspension chacun pour Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr, et surtout une amende globale de 330 millions de FCFA infligée à la Fédération sénégalaise de football.

Une décision qui a suscité une onde de choc à Dakar. Sur le réseau social X, Pape Alé Niang, directeur général de la RTS 1, n’a pas mâché ses mots. Qualifiant les sanctions de « scandaleuses », il a dénoncé ce qu’il considère comme une « mascarade » orchestrée par des dirigeants de la CAF qu’il accuse d’être « cupides » et « soumis à des intérêts affairistes ». Une sortie virulente, largement relayée, qui traduit le sentiment d’injustice partagé par une partie de l’opinion sénégalaise.

Mais au-delà du terrain et des émotions nationales, cette séquence intervient à un moment politiquement délicat. Ousmane Sonko, figure centrale du pouvoir sénégalais, s’emploie depuis plusieurs mois à repositionner le Sénégal comme une destination attractive pour les capitaux marocains, notamment dans les secteurs des infrastructures, de la finance, de l’agro-industrie et de l’énergie. Une stratégie pragmatique, dictée par la nécessité de diversifier les partenariats et de consolider la croissance économique.

Or, dans ce contexte, la crispation autour de la finale Sénégal–Maroc et les sanctions de la CAF risquent de brouiller les messages. Car le Maroc n’est pas seulement un adversaire sportif : il est aussi un poids lourd économique en Afrique de l’Ouest, avec des groupes bancaires, industriels et immobiliers solidement implantés dans la sous-région.

Le défi pour Sonko est donc double : défendre fermement les intérêts et la dignité du Sénégal sur la scène sportive africaine, tout en préservant un climat politique et diplomatique propice aux affaires. Une équation complexe, dans laquelle les symboles comptent autant que les discours.

La Fédération sénégalaise de football dispose encore de la possibilité d’interjeter appel afin d’obtenir un allègement des sanctions. Une démarche attendue, non seulement pour des raisons sportives, mais aussi pour éviter que cette affaire ne s’installe durablement comme un irritant dans les relations sénégalo-marocaines.

Car au final, si le football passionne et divise, l’économie, elle, exige sang-froid, constance et diplomatie. Et l’opération “séduction” de Sonko à l’endroit des investisseurs marocains ne pourra réussir que si elle s’inscrit dans un climat apaisé, loin des polémiques et des ressentiments, aussi légitimes soient-ils.

Mariata beye pour sunugal 24

Articles en relation

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular