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DEPUIS CASABLANCA, SONKO BRISE LE TABOU : « LA JUSTICE N’EST PAS AU-DESSUS DE LA CRITIQUE »

C’est une sortie qui fera date, tant par son contenu que par sa localisation. Mardi, face à la diaspora sénégalaise du Maroc, le Premier ministre Ousmane Sonko a délaissé les gants diplomatiques pour s’attaquer au dossier le plus brûlant de la politique intérieure : l’état de la justice. Pour le chef du gouvernement, l’heure n’est plus à la complaisance envers une institution qu’il juge à la dérive.

 LE DISCOURS DE CASABLANCA : LE SÉNÉGAL À L’ÉCOUTE

L’ambiance était électrique mardi à Casablanca. En déplacement officiel pour consolider les liens économiques avec le Royaume, Ousmane Sonko a choisi sa rencontre avec les ressortissants sénégalais pour lancer un message clair vers Dakar.

Abordant sans détour les dysfonctionnements institutionnels qui freinent l’essor du pays, il a placé le système judiciaire au centre de la cible. Pour lui, la justice est le « maillon central » des maux du Sénégal, et son traitement ne peut plus attendre.

 FIN DE L’OMERTA : « RENDUE AU NOM DU PEUPLE »

Avec la verve qu’on lui connaît, le leader de Pastef a bousculé les codes de la magistrature. Son argument est simple mais radical : puisque la justice est rendue au nom des citoyens, elle ne saurait se soustraire au regard et à la critique de ces derniers.

Ousmane Sonko a toutefois pris soin de nuancer son offensive :

  • Pas de procès général : Il a précisé que ses propos ne visaient pas l’ensemble du corps des magistrats.

  • Ciblage chirurgical : Il a pointé du doigt des « pratiques » et des « responsables spécifiques » qu’il juge durablement toxiques pour la crédibilité de l’institution.

 LE CALENDRIER DE LA RÉFORME : L’ALERTE EST LANCÉE

Cette prise de parole n’était qu’un avant-goût. Ousmane Sonko a promis que ce dossier ferait l’objet d’une intervention plus approfondie dans les semaines à venir. Cette annonce sonne comme un avertissement pour le monde judiciaire : le gouvernement de la rupture prépare un grand déballage et, sans doute, une réforme de fond.

« On ne peut pas reconstruire un pays sur des bases fragiles. Si la justice ne se réforme pas, c’est l’édifice tout entier qui s’écroule. » — L’esprit du message délivré aux Sénégalais du Maroc.

 L’OEIL DU REPORTER

En choisissant l’étranger pour relancer ce débat, Ousmane Sonko utilise la diaspora comme une caisse de résonance mondiale. Il montre que la question de la justice sénégalaise n’est plus seulement un débat de prétoire, mais une condition sine qua non pour rassurer les investisseurs et les citoyens, d’ici ou d’ailleurs. Le rendez-vous est pris : le face-à-face entre l’Exécutif et une partie de l’Appareil judiciaire s’annonce frontal.

Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24

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