Un choix de lieu et de timing loin d’être anodin, dans un dossier qui cristallise les tensions autour de la question foncière à Dakar et suscite une vive attention de l’opinion publique.
Une affaire aux enjeux fonciers considérables
Révélée par L’Observateur, l’affaire trouve son origine dans une plainte déposée par les héritiers de feu Mamadou Diagne, qui accusent plusieurs personnalités de s’être illégalement approprié des hectares de terres familiales situées le long de la route de Rufisque et dans la zone de Grand-Dakar. Selon les plaignants, ces terrains auraient été accaparés à la faveur de titres fonciers établis de manière frauduleuse, au détriment de leurs droits successoraux.
Le parquet de Dakar a ouvert une information judiciaire, confiée à la Sûreté urbaine, marquant le début d’une enquête de grande ampleur. Outre Cheikh Kanté, des figures bien connues du paysage économique et politique sont également citées, notamment Abdoulaye Dia, PDG du groupe Senico, et Serigne Mboup, homme d’affaires et maire de Kaolack.
Cheikh Kanté conteste et contre-attaque
Pour Cheikh Kanté, les accusations sont infondées et relèvent, selon ses proches, d’une tentative manifeste de jeter le discrédit sur sa personne. L’ancien ministre rejette catégoriquement toute idée de spoliation et affirme avoir acquis le terrain concerné « dans les règles de l’art, le 25 juillet 2015 par devant notaire ».
Cette conférence de presse annoncée apparaît ainsi comme une contre-offensive stratégique, à la fois judiciaire et médiatique. En s’exprimant publiquement aux côtés de son conseil, Cheikh Kanté entend démontrer la régularité de ses actes, produire des documents qu’il juge probants et défendre son honneur dans une affaire devenue hautement sensible.
Une bataille de récits sous l’œil de la justice
Alors que les auditions se poursuivent à la Sûreté urbaine, le dossier s’impose déjà comme l’un des contentieux fonciers les plus retentissants de ces dernières années. Entre versions contradictoires, titres fonciers contestés et enjeux financiers majeurs, les enquêteurs sont appelés à mener un travail minutieux pour démêler le vrai du faux.
La sortie médiatique de Cheikh Kanté, attendue ce vendredi, pourrait marquer un tournant dans cette affaire, en installant une bataille de récits parallèle à la procédure judiciaire. Reste à savoir si cette prise de parole publique parviendra à infléchir la perception de l’opinion ou si, au contraire, elle accentuera la pression autour d’un dossier où le foncier, une fois encore, révèle toute sa charge politique et symbolique.
Mariata beye pour sunugal 24