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REDDITION DES COMPTES : LE GRAND MIRAGE ? ENTRE PROMESSE DE RUPTURE ET DÉCEPTION JUDICIAIRE

Le vent de l’espoir qui soufflait sur le Sénégal en septembre 2024 serait-il en train de retomber ? Alors que l’installation du Pool Judiciaire Financier (PJF) devait marquer la fin de l’impunité, le sentiment d’une justice à deux vitesses gagne du terrain. Entre libérations provisoires en série et mystères financiers, l’euphorie populaire cède la place à un désenchantement amer.

DE L’EUPHORIE AU DOUTE : LE FREINAGE D’URGENCE

Souvenez-vous de l’enthousiasme général lors des premières arrestations des dignitaires de l’ancien régime. Les citoyens voyaient enfin la concrétisation du « Projet ». Mais aujourd’hui, le mécanisme semble grippé. La multiplication des libertés provisoires et des systèmes de cautions donne l’impression d’une justice qui « pêche de gros poissons pour les rejeter aussitôt à l’eau ».

Cette mansuétude perçue envers les élites crée un fossé dangereux entre les attentes de la rue et la réalité des prétoires.

 LE MYSTÈRE DES 7 MILLIARDS DE DOLLARS

Au cœur de cette crise de confiance, un chiffre vertigineux : 7 milliards de dollars. L’absence de clarté sur cette « dette cachée » révélée par l’exécutif alimente toutes les spéculations.

  • Où est passé cet argent ?

  • Pourquoi les enquêtes semblent-elles piétiner ?

  • Qui protège qui ?

Tant que la lumière ne sera pas faite sur ce dossier colossal, la promesse de transparence d’Ousmane Sonko restera suspendue au-dessus du vide.

SONKO FACE AU MUR DE LA JUSTICE

Le Premier ministre prône une rupture systémique, mais il se heurte à une machine judiciaire où les considérations institutionnelles et les équilibres politiques s’entrecroisent. Ce contraste est frappant : d’un côté, un discours politique de combat ; de l’autre, une justice qui progresse à pas de tortue, souvent jugée trop timorée par une population qui a soif de résultats « concrets et immédiats ».

« La reddition des comptes ne peut pas se limiter à des effets d’annonce. Sans condamnations fermes et recouvrements réels, le « Gatsa-Gatsa » judiciaire finira par lasser les Sénégalais. » — Analyse d’un observateur de la vie publique.

 LE RISQUE DU DÉSENCHANTEMENT

Le danger est réel : transformer une promesse historique en un simple mirage judiciaire. Si la justice continue de donner l’image d’un cadre où les puissants s’en sortent par des arrangements financiers, c’est toute la crédibilité de la rupture qui pourrait s’effondrer. L’heure n’est plus à la pédagogie, mais à l’action.

L’OEIL DU REPORTER :  Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye joue gros. La reddition des comptes est le ciment du contrat de confiance avec le peuple. Si ce ciment s’effrite, c’est tout l’édifice du changement qui menace de s’écrouler.

Par Matar Baya DIOP, SUNUGAL 24

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