La porte de la prison s’est ouverte lundi après-midi sur une scène peu commune, mêlant ferveur populaire, chants religieux et une pointe d’ironie. À 15 heures précises, Tahirou Sarr a recouvré la liberté. Une libération aussitôt transformée en démonstration de soutien massif.
Dès l’annonce officielle de sa sortie, les abords de l’établissement pénitentiaire ont été littéralement pris d’assaut. Par centaines, amis, proches et sympathisants ont convergé vers les lieux, à moto comme en voiture, formant une marée humaine compacte et bruyante. Cris de joie, klaxons et acclamations ont accompagné les premiers instants de liberté de l’homme, désormais au centre de toutes les attentions.
La liesse ne s’est pas arrêtée aux grilles de la prison. Une procession spontanée s’est ensuite mise en branle en direction de son domicile à Yoff. Là encore, l’accueil a été à la hauteur de l’événement. Des dizaines de personnes, visiblement émues, l’attendaient en psalmodiant des zikr layènes, conférant à la scène une dimension à la fois spirituelle et symbolique.
Contre toute attente, Tahirou Sarr est descendu de son véhicule pour se joindre aux chants. Les bras levés, le visage détendu, il a communié avec la foule, exprimant par ce geste sa reconnaissance envers ceux venus l’accueillir. Une image forte, aussitôt relayée et commentée, tant elle contrastait avec la rigueur du lieu qu’il venait de quitter.
Fidèle à son sens de la formule, il a également surpris par son humour. À une proche qui évoquait son incarcération, il a répondu, sourire aux lèvres :
« Ne dis pas quand je suis entré, dis quand je suis allé en vacances. »
Une phrase légère, presque désinvolte, qui résume l’état d’esprit affiché par Tahirou Sarr au moment de retrouver l’air libre. Entre ferveur populaire, symboles religieux et traits d’esprit, sa libération s’est imposée comme un événement à forte charge émotionnelle, révélateur de l’aura et du soutien dont il bénéficie encore.
Reste désormais à savoir comment cette liberté retrouvée s’inscrira dans la suite de son parcours. Mais une chose est certaine : lundi, à Dakar, Tahirou Sarr n’est pas simplement sorti de prison. Il est rentré chez lui en triomphateur.
Mariata beye pour sunugal 24