Une ombre de suspicion plane sur l’assistance aux victimes des événements pré-électoraux de 2024. Un communiqué publié par le ministère de la Famille et des Solidarités a fait l’effet d’une bombe, non pas pour les aides annoncées, mais pour une grave incohérence financière qui remet en question la transparence de la gestion des fonds publics.
Daté du 24 août, le document détaille l’avancement de l’aide gouvernementale et fait état d’une rencontre entre la ministre Maimouna Dièye et les représentants des familles de victimes. Le communiqué précise que 1 931 bénéficiaires ont reçu une allocation de 500 000 FCFA chacun, pour un montant total déclaré de 1 125 850 000 FCFA.
C’est là que le problème surgit. Un calcul simple — 1 931 personnes multipliées par 500 000 FCFA — donne un total de 965 500 000 FCFA. La différence entre le chiffre annoncé par le ministère et le montant réel est de 160 350 000 FCFA. Une somme considérable qui s’évapore et qui soulève de sérieuses questions sur la gestion des allocations.
Au-delà de cette troublante anomalie, le ministère a également évoqué une prise en charge médicale pour 127 blessés et une allocation de 10 millions de francs CFA versée à six familles endeuillées. Le communiqué a aussi annoncé la clôture prochaine du dossier d’assistance aux ex-détenus et la simplification des procédures pour les familles des victimes décédées, qui peuvent désormais obtenir immédiatement l’allocation de 10 millions de francs CFA en échange de l’engagement de compléter leur dossier par la suite.
Alors que la ministre Maimouna Dièye a réaffirmé « la volonté ferme du Gouvernement de respecter ses engagements et d’accompagner les familles avec dignité », ce dysfonctionnement financier risque d’entacher les efforts louables du nouveau régime en matière de transparence et de justice sociale.